Je saigne durant les rapports, est-ce grave ?

Fréquent chez les femmes, les saignements ont lieu durant le rapport ou juste après. A quoi est-ce dû ? Comment les éviter ?

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Par Dr Charlotte Tourmente

Rédigé le September 25, 2020 , mis à jour le September 25, 2020

Les médecins les appellent saignements post-coïtaux. Dans la majorité des cas, ils ont une origine bénigne et sans gravité, et un traitement adapté les stoppe. Il est toujours préférable d'en parler à un médecin pour éliminer une cause plus grave, même si ele est plus rare.

Les causes bénignes 

Le saignement est favorisée par une lubrification insuffisante, qu'elle s'explique par des préliminaires trop courts, un rapport trop long ou à une authentique sécheresse vaginale. Les va-et-vient vont alors irriter la muqueuse fragilisée et la faire saigner. 

Autres causes possibles : un rapport sexuel trop brutal, des relations sexuelles très fréquentes, un oubli de pilule, une pilule peu dosée en estrogène ou tout nouveau contraceptif hormonal, ou encore certains médicaments comme l'aspirine.

Un saignement répété est très évocateur d'une infection ou d'une inflammation, qu'elle soit située au niveau du col, de l'utérus, du vagin. Une infection est d'autant plus probable qu'il est associé à des pertes anormales, des démangeaisons, des brûlures.  Il peut s'agir d'une mycose ou d'une infection sexuellement transmissible, comme la chlamydia, la gonorrhée, ou encore une vaginite liée à une bactérie. 

Un polype, un fibrome ou une endométriose, situés au niveau du col de l'utérus, du vagin ou de l'utérus. Un ectropion au niveau du col est parfois en cause, favorisé par les grossessse et les accouchements. Plus rarement, il peut s'agir d'un cancer du col de l'utérus ou de lésions précancéreuses (dysplasie), et en dépit de de sa rareté, il est toujours préférable de vérifier. 

Quels examens complémentaires ?

Un saignement répété doit être signalé à son médecin, généraliste ou gynécologue, pour trouver l'origine et disposer d'un traitement. Un test de grossesse est réalisé si le contexte est évocateur. 

Une analyse de la flore vaginale, une recherche de chlamydia et des principales IST peut être lancée en fonction du risque estimé par le médecin, à l'aide d'un auto-prélèvement vaginale et d'une analyses d'urine. Des douleurs durant les règles orienteront vers une endométriose, à confirmer par une échographie ou une IRM. Un fibrome ou un polype sera vu à l'échographie. 

Le médecin, généraliste ou gynécologue, posera des questions pour identifier des facteurs de risque de cancer du col de l'utérus et de dysplasie (stade précancéreux) :  tabagisme, contraception hormonale, antécédent d'infection sexuellement transmissible, comportement sexuel à risque d'infection. Un examen clinique gynécologique permettra de visualiser le col, de faire un frottis pour analyser les cellules du col, et en fonction des résultats d'orienter la prise en charge.

Quel traitement ?

La prise en charge s'adapte évidemment à la cause. Une infection est traitée, la contraception peut être adaptée si elle est suspectée. En cas de lubrification insuffisante, allonger les préliminaires pour permettre une bonne lubrification et utiliser un lubrifiant seront la solution. Si les rapports sont en cause car trop longs ou trop brutaux, les raccourcir ou les adoucir et ajouter du lubrifiant améliorera la situation.

Une prise en charge de la sécheresse vaginale est nécessaire, avec un diagnostic comme la ménopause par exemple ou un déséquilibre hormonal, puis un traitement, par l'utilisation d'un traitement de fond de la sécheresse, à l'aide d'ovules et de crèmes, et de lubrifiant durant les rapports.

Les polypes, fibromes ou ectropions peuvent être retirés s'ils provoquent des symptômes gênants. L'endométriose sera traitée par un médicament, et/ou une opération chirurgicale pour retirer les lésions. Les lésions précancéreuses seront prises en charge par laser ou chirurgie. Dans le rare cas où un cancer serait dépisté, la prise en charge sera déterminée par le spécialiste.