Femmes excisées, femmes mutilées

130 millions de femmes ont subi une excision. En France, cette pratique est interdite et pourtant. On estime à 53 000 le nombre de femmes excisées. Touchées dans leur intimité, certaines ont fait le choix d'avoir recours à la chirurgie pour réparer les dégâts d'une pratique culturelle qui a la dent dure.

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le September 16, 2008 , mis à jour le June 24, 2015

Sommaire

L'excision : une mutilation génitale

Les explications anatomiques de l'excision

De quoi s'agit-il ? L'excision simple consiste à enlever le capuchon qui recouvre le clitoris, le prépuce. L'excision complète consiste à couper le clitoris et les petites lèvres. Elle représente 80 % des cas. Il y a aussi l'infibulation, qui consiste à couper non seulement ces deux parties mais aussi à coudre ensemble les grandes lèvres, en ne laissant qu'un petit orifice pour l'écoulement des urines et des règles.

L'excision : une pratique ancestrale

L'excision, une pratique ancestrale

Où pratique t-on l'excision ? L'excision se pratique dans vingt-huit pays d'Afrique et dans quelques tribus du Moyen-Orient. Et bien que la plupart de ces Etats soient musulmans, l'excision n'est en aucun cas d'origine religieuse. Aucun texte sacré n'oblige l'excision du clitoris, contrairement à la circoncision des garçons dans les religions musulmane, juive, chrétienne du Moyen-Orient et copte.

Une coutume très ancienne. Cette pratique date de bien avant l'arrivée de toutes les religions monothéistes. Elle aurait pour raison de garantir la "pureté" des jeunes filles dans le but d'un "bon mariage" et plus tard, qu'elles restent fidèles.

Un rituel pratiqué par les femmes. L'excision est pratiquée à tous les âges. Ce sont des femmes qui la pratiquent, on les appelle les exciseuses. Dans les zones rurales, elles utilisent des couteaux ou des lames de rasoir, sans aucune anesthésie. En ville, ce sont des sages-femmes qui officient, cette fois sous anesthésie. Mais même s'il y a moins de risque d'hémorragie ou d'infection, le résultat final est le même. Sans parler des douleurs que l'excision provoque sur le moment et par la suite, lors de l'accouchement, par exemple.

L'opération de restauration du clitoris

L'opération de restauration du clitoris

La chirurgie réparatrice. Depuis une dizaine d'années, une technique de réparation du clitoris après excision a été mise au point par le Dr Pierre Foldès, un chirurgien urologue français. Aujourd'hui, cette opération est pratiquée dans une dizaine d'hôpitaux. A la fin de l'intervention, le clitoris a un aspect très inflammatoire. Il y a toujours un œdème, c'est normal. Le nouveau gland clitoridien est rouge et gonflé mais au fur et à mesure de la cicatrisation, il va retrouver un aspect normal.

Des "sensations nouvelles". Le retour de l'acquisition sensorielle de cette zone apparaît entre la quatrième et la huitième semaine. Sachez néanmoins qu'en ce qui concerne la sensibilité "sexuelle", le fait de retrouver du plaisir est plus difficile à déterminer, car ces femmes n'ont pas de point de comparaison. Elles découvrent au fil des mois de nouvelles "sensations".

Un acte remboursé par la Sécurité sociale. L'opération de restauration du clitoris est aujourd'hui considérée comme un acte de chirurgie réparatrice, elle est donc remboursée par la Sécurité sociale.

Lutter contre l'excision : un devoir

Tolérance zéro. La lutte contre l'excision fait partie des grands programmes de l'OMS et de l'UNICEF. Cette dernière organisation a même fait du 6 février la journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines.

Ce que dit la loi française. La loi précise que les mutilations sexuelles féminines sont considérées comme des crimes relevant de la cour d'assises. Les peines prévues par le Code pénal pour l'auteur d'une mutilation et pour les responsables de l'enfant vont de dix à vingt ans de réclusion criminelle. La loi s'applique aussi quand l'excision est commise à l'étranger, lorsque la victime est de nationalité française.

Ailleurs, en Afrique. Des représentants religieux et différents gouvernements tentent d'interdire cette pratique ancestrale, notamment par des campagnes d'information sur les méfaits de l'excision. Le changement des mentalités est malheureusement un processus très lent, or pour toutes ces fillettes, il est urgent d'agir.

En savoir plus :

Sponsorisé par Ligatus