Violences sexistes et sexuelles : un nouveau portail de signalement en ligne

Cette nouvelle plateforme est ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Elle permet d’échanger avec un policier ou un gendarme.

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le November 27, 2018 , mis à jour le November 27, 2018

L’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb l’avait annoncé en mars dernier, le Premier ministre Edouard Philippe en avait précisé les contours à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Ce 27 novembre, la première plateforme de signalement des violences sexistes et sexuelles en ligne a vu le jour. Les victimes et les témoins peuvent y accéder à toute heure de la journée et de la nuit, chaque jour de la semaine. De l’autre côté de l’écran : des policiers et des gendarmes, qui pourront aiguiller les victimes, mais pas recevoir de plainte.

Demander un accompagnement ou un rendez-vous pour porter plainte

Cet outil est disponible à l’adresse www.service-public.fr/cmi. Avant de pouvoir dialoguer, l’internaute doit renseigner son code postal afin d’être dirigé.e vers l’interlocuteur le plus proche de chez lui ou de chez elle. Deux options s’offrent alors à la victime ou au témoin : soit il ou elle demande un accompagnement, auquel cas on lui conseille plusieurs associations ou professionnels compétents, soit il ou elle désire porter plainte, et il ou elle est mis.e en relation avec une brigade afin de prendre rendez-vous. Le but, ici, est de faciliter le dépôt de plainte.

Le 3 avril dernier, les militantes du Groupe F et l'équipe du blog "Paye ta police" ont publié plus de 500 témoignages de femmes victimes de violences sexistes ou sexuelles, ayant eu de graves difficultés à porter plainte en raison de l’attitude des policiers ou des gendarmes. "Dans 60% des témoignages, les femmes racontent avoir essuyé un refus ou avoir du insister – parfois beaucoup – pour pouvoir porter plainte", et "dans 40% des témoignages, les femmes racontent qu’elles ont été mises en cause", note Le Groupe F.

Une Française sur trois morte sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint en 2017

Selon ministère de l’Intérieur, cette fois-ci, 37 policiers et gendarmes ont été "spécifiquement formés". A noter : le site propose un "bouton d’urgence", sur lequel la victime peut cliquer après être entrée en contact avec un officier – ou même pendant la conversation. Grâce à cette fonctionnalité, la victime peut instantanément effacer son historique, et ainsi se protéger – a minima – de son agresseur.

Rappelons qu’en France, en 2017, 125 personnes sont mortes des suites d’actes de violence de la part de leur partenaire ou de leur ex-partenaire, dont 109 femmes. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ancien conjoint. "11 enfants sont décédés concomitamment à l’homicide de leur père ou de leur mère et 14 enfants ont été tués dans le cadre de violences conjugales sans qu’un parent ne soit tué" précise le ministère de l’Intérieur

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