Cancer : nouvel espoir de la chimiothérapie par aérosol

Cette technique à l'essai provoque moins d'effets secondaires, tout en étant accessible aux patients les plus faibles.

© Revue médicale suisse

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr, avec AFP

Rédigé le June 12, 2019 , mis à jour le June 12, 2019

Connaissez-vous la chimiothérapie par aérosol ? Contrairement à la chimio classique, le traitement n'est pas injecté dans le sang via intraveineuse. Le patient, placé sous anesthésie générale, se fait légèrement ouvrir l’abdomen afin d’y diffuser le produit sous forme de spray. Cette technique, mise au point en 2013 en Allemagne, s’appelle la Chimiothérapie IntraPéritonéale Pressurisée par Aérosols, ou Pipac. Elle est pratiquée dans sept hôpitaux français, et est réservée aux cancers gynécologiques ou digestifs.

Son principal avantage est qu'il n'y a pas d'effets secondaires nocifs "liés au passage du produit dans le sang", explique à l’AFP le responsable du département de chirurgie oncologique du centre Georges-François Leclerc de Dijon, David Orry. "On évite donc l'anorexie, l'atteinte des nerfs périphériques ou des globules blancs et rouges", qui imposent souvent d'arrêter le traitement. 

Comment ça marche ?

Les chirurgiens pratiquent deux légères incisions de cinq centimètres avant d'insérer des trocarts. Ils y insufflent alors de l'air et créent une cavité. Une demi-heure plus tard, le produit est aspiré par une micro-pompe. Six points de suture suffisent pour recoudre l’abdomen.

La Pipac reste pour l’instant réservée aux patients suivant des traitements palliatifs, car elle n’a pas encore prouvé son efficacité avec une étude scientifique large. Les premiers retours sont toutefois "très prometteurs" selon l'oncologue François Ghiringhelli, à l'origine de son développement depuis 2017 à Dijon. Dès cette année par ailleurs, le Centre de lutte contre le cancer de Nantes mettra en place une étude avec Dijon. Les premiers résultats devraient tomber d'ici cinq ans.

"Demain, on pourrait appliquer cette technique à des patients moins atteints et obtenir de très bons résultats curatifs, voire même préventifs", estime le docteur Orry. Il prévient néanmoins : "Pour l'instant, il faut être très prudent et ne pas vendre ça comme un remède miraculeux." Le coût de la Pipac est en outre peu élevé en comparaison de la plupart des traitements innovants : comptez un investissement de 25.000 euros pour l'injecteur, puis environ 2.000 euros de matériel jetable par opération.

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