Maux de la femme : et si on essayait les plantes ?

Règles douloureuses, absence de règles, baisse de libido, douleurs ou encore cystites sont le lot régulier de bon nombre de femmes. Contre ces différents maux, en phytothérapie, les plantes peuvent être d'un grand soulagement. Quelles plantes choisir ? Comment les utiliser ? Quelles précautions prendre ? Les explications avec Thierry Thévenin, herboriste et producteur de plantes bio.

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le December 6, 2012 , mis à jour le October 9, 2015

Sommaire

L'achillée millefeuille contre les règles douloureuses

L'achillée millefeuille, aussi appelée "herbe aux coupures" ou encore "Sourcil de Vénus" est très commune dans toute la France, dans les pelouses, les prairies, les talus. L'achillée millefeuille se récolte au début de sa floraison en pinçant les sommités fleuries. On peut les sécher très facilement en les étalant à l'ombre dans un endroit sec et aéré.

L'achillée millefeuille s'emploie contre les règles douloureuses, en infusion une pincée par tasse d'eau bouillante trois fois par jour pendant quelques jours avant l'apparition présumée du cycle. On peut aussi appliquer des compresses imbibées de l'infusion sur le bas ventre.

Enfin on peut aussi faire macérer la plante pendant trois semaines dans de l'huile d'olive (trois poignées fraîches ou deux poignées sèches par litre d'huile), on filtre ensuite et on l'utilise alors en applications sur le bas ventre pour les mêmes indications.

L'armoise commune en cas de retard de règles

L'armoise a une action emménagogue et une action antispasmodique.

L'armoise commune (Artemisia vulgaris) est également une plante très commune en France. Elle affectionne les friches, les terrains vagues (attention toutefois aux pollutions potentielles du site !). On la récolte et la sèche exactement comme l'achillée millefeuille.

L'armoise commune est un emménagogue efficace (elle favorise l'apparition des règles en cas de retard ou d'arrêt), connu depuis au moins 2 000 ans. On l'a appelé herbe à la chemise, car on en faisait porter un brin cousu dans la chemise aux jeunes filles au moment de la puberté et aux femmes qui avaient un cycle troublé. Cette médication externe n'est pas sans rappeler les patchs modernes. L'armoise peut aussi être utilisée pour soulager les règles douloureuses.

Attention l'armoise commune est une plante puissante, il ne faut pas dépasser une semaine de consommation en tisanes sans avis médical et il ne faut absolument pas l'utiliser en cas de grossesse ou de troubles nerveux.

La sauge sclarée pour la libido (entre autres)

La sauge sclarée (Salvia sclarea L.) s'est longtemps appelée "la toute-bonne" en Provence. La sauge sclarée est en effet une plante très intéressante et son champ d'action est très large.

La sauge sclarée est utile en infusion en cas d'absence de règles ou de règles trop peu abondantes, elle augmente la libido, et elle est relaxante et antispasmodique. On la trouve dans le Midi, dans les terres récemment retournées. On peut la cultiver facilement en la semant à la fin de l'été dans le jardin ou dans une jardinière dans une exposition ensoleillée.

La sauge sclarée est peu exigeante en matière de sol. En outre, on peut préparer un délicieux apéritif au parfum de muscat en faisant macérer ses hampes florales sèches pendant 4 ou 5 jours dans du vin blanc moelleux (une poignée par litre).

Les précautions avec la sauge sclarée : attention aux effets hormonaux (sclaréol = oestrogène-like) !. À éviter chez les femmes hyper-oestrogéniques, mastosiques et les antécédents familiaux de cancers gynécologiques. En revanche il n'y a pas de thuyone, donc pas de problème en cas de troubles nerveux.

Le gattilier contre le syndrome prémenstruel

Parmi les maux de la femme, les plantes seraient très efficaces pour soulager le syndrome prémenstruel.

Le gattilier (Vitex agnus-castus) est un très joli petit arbre méditerranéen des lieux humides (sources, bord des eaux), qui est devenu rare et est protégé en France. On peut le planter partout où les hivers ne sont pas trop rudes (Midi, Ouest, Sud-Ouest,...). Ses graines en forme de grain de poivre se récoltent à la fin de l'automne.

Le gattilier est un remède très intéressant pour résoudre le syndrome prémenstruel, les douleurs aux seins associées au syndrome prémenstruel et l'infertilité féminine. Mais il n'est pas sans contre-indications et il est préférable de ne pas l'utiliser sans l'accompagnement d'un professionnel. Le gattilier est notamment contre indiqué en cas de fécondation in vitro, de grossesse et d'allaitement.

Il peut provoquer quelques effets indésirables (nausées, maux de tête ou démangeaisons : dans ce cas, il faut arrêter le traitement). Enfin, il ne doit pas se prendre simultanément avec certains médicaments (antidopaminergiques et hormonothérapie de substitution).

Maux de la femme : les recettes du Dr Camille Isnard

 

Le Dr Camille Isnard, médecin phytothérapeute, vous propose plusieurs "recettes" adaptées à différents maux de la femme.

En cas de cystites aiguës

Pour les cystites aiguës, il est possible d'utiliser la teinture mère de busserole à raison de six cuillères à café dans un litre d'eau, à boire la journée, pendant dix jours. Si apparition de fièvre et/ou aggravation des symptômes (brûlures mictionnelles, sang dans les urines, douleurs pelviennes...) dans les 48 heures, il est impératif de prendre un avis médical.

En cas de cystites récidivantes

Pour les cystites récidivantes, il est possible d'utiliser en traitement de fond la teinture mère de bruyère callune à raison de 25 gouttes deux fois par jour dans un verre d'eau, une semaine à dix jours par mois.

Pour ces deux situations, il est impératif de boire de l'eau alcaline (type eau de Vichy) lors des jours de traitement.

En cas de syndrome prémenstruel

Pour le syndrome prémenstruel se manifestant par divers symptômes (maux de tête, anxiété, irritabilité, douleurs abdominales, humeur dépressive...etc. apparaissant jusqu'à deux semaines avant les règles), il est possible de ne pas tomber dans la poly et sur-médication, inadaptée aux troubles fonctionnels.

On peut donc utiliser en traitement de fond la teinture mère de gattilier à raison de 50 gouttes deux fois par jour dans un verre d'eau, du 8ème au 21ème jour du cycle, pendant trois cycles. Ce traitement n'a pas d'intérêt lorsqu'il y a une contraception oestroprogestative et est contre-indiqué lors des ​fécondations in vitro. Si les symptômes s'aggravent ou ne s'améliorent pas après trois mois de traitement, il est important de prendre un avis médical.

Que penser des phyto-oestrogènes ?

Concernant les phyto-oestrogènes, notamment présents dans le soja, ils ne sont pas une alternative au traitement hormonal de substitution de synthèse et présentent les mêmes contre-indications que celui-ci, à savoir, les cancers hormono-dépendants.

Leur consommation doit donc rester alimentaire avec un apport maximal correspondant à 0,5 à 1 mg/kg de poids corporel/jour d'équivalent isoflavone aglycone (l'étiquetage des produits à base de soja doit mentionner ce dosage). Une femme de 60 kilos devra donc consommer entre 30 et 60 mg par jour au maximum d'équivalent isoflavone aglycone, ce qui correspond à environ un quart de litre de lait de soja. Pour un autre usage, un avis médical s'impose.

Ces conseils ne sauraient remplacer une bonne hygiène de vie.

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