La dompéridone : un anti-vomitif dangereux

Une fois de plus, la revue Prescrire alerte contre les dangers de la dompéridone (Motilium®), une molécule pour soulager les nausées qui provoqueraient de graves risques de morts subites cardiaques. Largement prescrit, ce traitement aurait tué près de 200 Français en 2012.

Par Léa Galanopoulo

Rédigé le April 3, 2015 , mis à jour le April 22, 2015

La dompéridone, plus connue sous le nom de Motilium®, est liée à près de 200 morts subites en France en 2014. Dans son numéro d'avril 2015, la revue indépendante Prescrire met en garde contre les effets indésirables graves de cet antivomitif. Elle demande même son retrait total du marché français.

Commercialisé depuis les années 1980, ce médicament suscite des doutes depuis plusieurs années. En 2011 déjà, l'Agence du médicament (ANSM) avait adressé une lettre à tous les professionnels de santé pour les sensibiliser à ces risques de mort subite cardiaque. Une alerte suivie deux ans plus tard du retrait du marché de tous les comprimés de dompéridone de 20 mg, demandé par l'Europe.

Depuis, la dompéridone 10 mg est toujours en vente et remboursée par l'Assurance-maladie. Elle est prescrite, chez l'adulte comme chez l'enfant, pour soulager les nausées et les vomissements. Pourtant cette molécule peut provoquer une arythmie cardiaque qui conduit dans certains cas graves au décès. Des conséquences "injustifiées" selon Prescrire, qui rappelle que l'efficacité du traitement reste limitée car les symptômes passent généralement au bout de quelques jours, avec l'aide de mesures diététiques.

7% des Français concernés

Entre 43 et 189 morts subites cardiaques ont été associées à la dompéridone en France en 2012, selon une étude menée par Prescrire et publiée le 31 mars dans la revue Pharmacoepidemiology and Drug Safety. Des résultats que Prescrire qualifie de "prudents" car ils pourraient en réalité être revus à la hausse, avoisinant les 200 accidents.

Le Motilium® et ses dérivés sont cependant toujours largement prescrits. En 2012, 3 millions de Français en avaient pris, soit 7% de la population. En conséquence, la dompéridone "doit être prise à la dose la plus faible possible pendant la durée la plus courte possible" conseille le Vidal.  Pour Prescrire, il est urgent d'avertir les patients de ces risques, "sans attendre un déremboursement de l'Assurance Maladie et surtout un retrait du marché".

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