Produits d'hygiène féminine : un état des lieux rassurant

La DGCCRF a étudié la toxicité potentielle ainsi que la conformité des étiquetages de produits d’'hygiène féminine commercialisés en France. Le constat général est rassurant, mais les normes "fixant la teneur maximale pour les substances polluantes dans ce type de produits restent encore à établir.

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le May 16, 2017 , mis à jour le May 16, 2017

Les enquêteurs de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont passé au crible 27 références de produits d’hygiène féminine (serviettes, tampons hygiéniques, protège-slips et coupes menstruelles) afin d'évaluer l’éventuelle présence de substances toxiques ou polluantes.

Les recherches ont spécifiquement porté sur la présence d’allergènes, de conservateurs, de formaldéhyde, de résidus de pesticides, de l’herbicide glyphosate (ainsi que de l’un de ces principaux produits de dégradation, l’AMPA), d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs [1]), de phtalates, de dioxines, de furanes et enfin de "composés organiques halogénés extractibles et absorbables".

La conclusion des analyses est rassurante, la DGCCRF concluant "[qu’]aucun danger grave et immédiat détecté sur les produits étudiés". Les techniques de détection avancées utilisées en laboratoire ont permis d’identifier de nombreuses substances chimiques "à des concentrations très faibles" (et parfois même "non quantifiables") qui ne correspondent à aucun risque actuellement identifié.

Des normes encore à établir

La DGCCRF souligne qu’il n’existe actuellement ni règlementation ni normes "fixant la teneur maximale pour ces substances dans les produits d’hygiène féminine", et précise avoir saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire pour qu’une évaluation des risques soit réalisée, prenant en compte "le temps et le mode d’exposition" de ces produits.

Dans leur rapport, les agents de la direction des fraudes notent que sur six références de tampons étudiés, tous présentent des traces de dioxines, de furanes et d’EOX. "Un seul contenait une trace d’AOX et un autre de phtalate, à un seuil non quantifiable".

Concernant les neuf références de serviettes hygiéniques analysées, "des traces d’HAPs ont été détectées dans six, dont cinq non quantifiables".  Une contenait "des traces de phtalate à un seuil non quantifiable également", et une serviette estampillée « bio » "portait des traces d’AMPA". Sur un total de sept protège-slips, quatre présentaient des traces d’HAPs (dont deux à des niveaux non quantifiables). La DGCCRF note qu’une "référence (parfumée) contenait des traces d’un allergène (le lilial) et une autre (non parfumée), d’un résidu de pesticide (le lindane) interdit en France".

Un étiquetage conforme

La DGCCRF s’est également intéressé à "la visibilité, l’intelligibilité et l’adéquation" des avertissements portés sur les produits, eu égard aux risques liés à leur utilisation. Leur préoccupation principale a concerné les mentions relatives au syndrome du choc toxique (SCT) liés à un mauvais emploi des tampons hygiéniques (voir encadré). Là encore, le constat est rassurant, puisque "la mise en garde sur le SCT figure bien de manière visible, lisible et explicite sur l’ensemble des emballages de tampons ainsi que sur leur notice". Concernant les coupes menstruelles, la DGCCRF a demandé la modification des notices "afin de prendre en compte dans les précautions d’emploi le risque de SCT à la suite d’un cas rapporté en France".


[1] La DGCCRF précise que les HAP "sont des molécules constituées d’atomes de carbone et d’hydrogène. La structure comprend au moins deux cycles aromatiques condensés", notant que ces composants, "présents dans tous les milieux environnementaux, présentent une forte toxicité".

Le syndrome du choc toxique

Bloqué dans le tampon, le fluide menstruel peut constitué un milieu de culture pour des bactéries. En cas de présence du staphylocoque doré, celui-ci peut produire une toxine, qui va passer dans le sang. D'où la recommandation faite par les fabricants et les médecins d'éviter de garder un tampon plus de quatre heures.

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