Problèmes urinaires : quelles plantes ?

Infections urinaires, cystites, gênes urinaires, et si les plantes pouvaient nous aider à soulager ces maux ? Bruyère, sureau, échinacée, pissenlit, canneberge... toutes peuvent nous aider à surmonter ces troubles. Comment les utiliser ? Quels symptômes soulagent-elles ?

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le June 8, 2012 , mis à jour le April 1, 2015

Sommaire

Rappel anatomique et explications

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes décrivent l'appareil uro-génital.

L'appareil urinaire comprend deux reins, deux uretères, une vessie et un urètre. Chez la femme, l'urètre est un conduit très court, d'à peine trois à quatre centimètres. Chez les hommes, ce n'est pas le cas. L'urètre est un conduit plus long puisqu'il traverse le pénis.

Les reins filtrent le sang et éliminent les déchets sous forme d'urine. Cette urine passe dans les uretères et s'accumule dans la vessie, en attendant d'être éliminée par l'urètre.

À sa sortie, l'urine est normalement stérile grâce au système de défense de l'appareil urinaire. Une première défense est mécanique, l'urine est éliminée avec une certaine pression qui rend plus difficile l'ascension des bactéries vers la vessie et les reins. La deuxième défense est chimique : l'urine est acide (son pH est inférieur à 5,5), elle inhibe la croissance des bactéries. La paroi de la vessie contient également des cellules immunitaires ainsi que des substances antibactériennes.

La bruyère et le sureau noir

  • La bruyère

La bruyère (Calluna vulgaris) est traditionnellement utilisée en cas d'infection urinaire, mais aussi de calculs rénaux (à condition qu'ils soient suffisamment petits pour être éliminés par voie naturelle).

Comment la reconnaître ?

C'est un arbuste en touffe, des landes acides, dont les vastes étendues roses forment à la fin de l'été de véritables paysages, parfois emblématiques comme ceux de la montagne limousine.

La callune a beaucoup régressé à cause de la plantation systématique des landes en résineux et du déclin du pastoralisme ovin qui la favorisait.

Elle reste toutefois encore abondante dans de nombreuses régions et il s'agit de l'espèce la plus commune parmi les bruyères de notre pays.

Ses fleurs ne sont pas en grelot comme celles des autres bruyères, mais largement ouvertes, ses feuilles, opposées deux à deux, un peu appliquées en écailles sur les rameaux achèvent de permettre de la distinguer. On cueille les hampes florales en début d'épanouissement lorsque celles du haut sont encore en bouton. Elles sèchent très facilement.

Comment l'utiliser ?

On peut tout simplement les suspendre à l'ombre, dans un lieu sec et aéré, en bouquets suspendus la tête en bas.

On élimine les tiges une fois qu'elles sont sèches, c'est-à-dire au bout d'une semaine environ (les fleurs et les feuilles se détachent alors très facilement).

On fait une légère décoction (on laisse bouillir 2 ou 3 minutes) avec une cuillère à thé pour 1⁄4 de litre d'eau. On peut boire jusqu'à un litre par jour (pendant 3 semaines consécutives maximum). Il n'y a ni contre-indication, ni interaction médicamenteuse connue.

  • Le sureau noir

Comment le reconnaître ?

Le sureau noir (Sambucus nigra L.) est (ou devrait être !) de tous les jardins. Ce petit arbre apprécie les terrains riches et azotés des lieux habités. Ses ombelles de fleurs blanc-crème très agréablement parfumées (un parfum lourd et capiteux) contrastent avec ses feuilles dont l'odeur est repoussante (d'ailleurs, macérées dans l'eau elles font fuir les campagnols terrestres au jardin. On verse le purin nauséabond dans leurs galeries souterraines). Il faut faire attention de ne pas le confondre avec son "cousin" le sureau yèble (Sambucus ebulus L.).

Comment distinguer le sureau noir du sureau yèble ?

La distinction est très facile, le sureau yèble ne produit pas de bois, les tiges sont vertes jusqu'à la souche et ses fleurs sont pourvues d'étamines rose-pourpre caractéristiques. On cueille les fleurs en mai ou en juin suivant les régions.

Il sèche assez facilement en gardant une belle odeur qui l'a fait appeler parfois "la vanille du pauvre". Son infusion est immunostimulante et diurétique.

La recette de sirop au sureau noir

On peut faire très simplement soi-même le sirop :

- Laissez infuser une dizaine d'ombelles de fleurs fraîches (ou sèches) dans un litre d'eau frémissante pendant 4 heures minimum.

- Filtrez, pesez et ajoutez 1,2 kg de sucre (bio) pour 1 kg d'infusion.

- Portez sur un feu vif, faire dissoudre le sucre en remuant constamment et laisser bouillir environ 5 minutes. Versez à chaud (85 °C) dans des flacons qui puissent se fermer hermétiquement (l'idéal étant des bouteilles à capsule).

Vous pouvez le conserver deux ans avant ouverture, un mois au frais une fois qu'il est entamé.

Ce sirop peut se boire avec un peu d'eau, dans un yaourt, en "kir", etc. Il peut également servir à préparer un sorbet ou à parfumer les desserts.

Une contre-indication

Attention, le sureau noir est contre-indiqué aux diabétiques insulinodépendants.

Le solidage ou verge d'or

Le solidage (Solidago virgaurea L.) est efficace pour prévenir et soulager les cystites et prévenir la formation des calculs rénaux en infusions à raison d'une pincée par tasse, deux à trois fois par jour, en cures ponctuelles de quelques semaines. Il est contre-indiqué en cas de néphrite (infection rénale) et d'œdème lié à un problème d'origine cardiaque.

Comment le reconnaître ?

Cette plante forestière commune est très facile à repérer en été lorsqu'elle irradie les lisières et les clairières de ses hampes florales cylindriques jaune d'or. Il ne faut pas la confondre avec certains séneçons toxiques qui fréquentent les mêmes milieux, mais qui ont des fleurs arrangées en grappes arrondies étalées et des feuilles découpées (tandis que les feuilles du solidage sont entières).

On doit le cueillir le plus tôt possible lorsqu'il est encore en bouton et le couper avant le séchage. Il a une tendance presque irrépressible à vouloir faire sa graine malgré tout si on le cueille trop tard.

Les échinacées

Les échinacées (Echinacea purpurea (L.) Moench., Echinacea angustifolia DC et Echinacea pallida Nutt) ont été étudiées et reprises par la phytothérapie occidentale. Elles renforcent notre système immunitaire. Elles sont reconnues par divers comités d'experts (Commission E, OMS) comme utiles pour prévenir les infections urinaires.

Comment les reconnaître ?

Ces magnifiques plantes vivaces et parfaitement rustiques, originaires d'Amérique du Nord, sont souvent cultivées en tant qu'ornementales (surtout Echinacea purpurea) pour leur floraison pourpre qui dure une grande partie de l'été. Remède traditionnel très prisé des Amérindiens contre les refroidissements, les morsures de serpent, etc.

Comment les utiliser ?

On peut sécher les sommités fleuries en début de floraison après les avoir coupées en frais en tronçons de 1 à 2 cm ou bien les monder, c'est-à-dire éliminer les tiges centrales pour ne conserver que les feuilles et les fleurs. On peut les employer en cures occasionnelles d'un mois sous forme de tisanes en faisant infuser 10 minutes une pincée de sommités fleuries sèches dans 20 cl d'eau frémissante.

Contre-indications

On doit toutefois s'abstenir en cas de maladies auto-immunes ou de prises d'immunosuppresseurs. Enfin, il faut savoir qu'elles peuvent diminuer l'action des corticoïdes.

 

Le pissenlit

À Ohis, dans l'Aisne, le pissenlit est une tradition familiale.

Le pissenlit est une plante que tout le monde connaît et pourtant, nombreux sont ceux qui en ignorent les bienfaits.

Le pissenlit autrefois appelé "dent du lion" contient de nombreuses vertus médicinales. Il est notamment recommandé pour un bon drainage de l'organisme.

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