Glandes salivaires : les tumeurs de la glande parotide

Située sous l'oreille, la glande parotide est la plus volumineuse de nos glandes salivaires. Elle est parfois le siège de tumeurs qui nécessitent une opération très délicate.

Par la rédaction d'AlloDocteurs.fr

Rédigé le January 9, 2020 , mis à jour le January 14, 2020

Sommaire

Qu'est-ce que la glande parotide ?

Marina Carrère d'Encausse et Régis Boxelé explique l'anatomie de la glande parotide.

La glande parotide est située entre la branche montante de la mandibule en avant et le bord d’un muscle, en arrière, le muscle sterno-cléido-mastoïdien. La parotide est traversée par un nerf très important, le nerf facial, qui donne sa mobilité à notre visage. Le volume de la glande parotide par rapport aux autres glandes salivaires est très important : elle pèse entre 25 et 30 grammes. Elle peut devenir encore plus volumineuse lorsqu’une tumeur s’y développe. On estime que chez l’adulte, ces tumeurs de la parotide représentent 2 à 3% des tumeurs de la tête et du cou. Dans 75% des cas elles sont bénignes. Chez l’enfant, par contre, ces tumeurs sont malignes dans plus de 50% des cas. Il faut donc être très attentif à tout gonflement suspect sur cette partie du visage et consulter rapidement. Qu’elles soient bénignes ou malignes, le seul facteur identifié pouvant favoriser ces tumeurs est l’exposition aux radiations ionisantes, c’est-à-dire les rayons de haute énergie utilisés en radiothérapie, les rayons X utilisés en radiologie ou encore les rayons gamma, propres à la médecine nucléaire.

Opérer une tumeur de la glande parotide

Incision pour dégager la glande parotide. Attention, images de chirurgie

Pour poser le diagnostic il faut pratiquer certains examens comme une échographie cervico-faciale, une IRM ou encore une ponction de cellules pour déterminer la nature de la tumeur parotidienne. Le résultat détermine ensuite la prise en charge. Dans la majorité des cas, même pour les tumeurs bénignes, la chirurgie s’avère souvent nécessaire car le patient peut ressentir une gêne ou une douleur à cause de ces masses volumineuses. Il s'agit d'une opération délicate.
Au cours de cette chirurgie, l’ensemble de la tumeur et de la glande parotide sont retirés mais c’est sans conséquence pour le patient. Les autres glandes salivaires prennent le relais et continuent de produire la salive. Le chirurgien vieille particulièrement à préserver le nerf facial pour limiter le risque de paralysie du visage.
L’autre complication, plus rare, qui peut survenir quelques mois après l’intervention c’est le syndrome de Frey : les fibres nerveuses de la zone opérée se régénèrent de manière aberrante et perturbent les fonctions des glandes sudoripares. Elles deviennent alors hyperactives et provoquent un excès de sudation au niveau des tempes, autour des oreilles et même sur la joue au moment de la mastication, par exemple. Pour y remédier, on peut proposer au patient des injections de toxine botulique.

Tumeurs de la glande parotide : un traitement lourd

Greffe de peau prélevée sur la cuisse.

Le tabagisme est aussi invoqué pour certaines tumeurs mais certains patients n'ont jamais fumé et sont malheureusement touchés. C'est le cas d'Alain, qui a dû se battre contre un cancer agressif de la glande parotide, apparu il y a 3 ans. "Ça a commencé par un petit bouton derrière l'oreille mais vraiment un tout petit bouton [...] Ça a commencé à grossir. Ça a pris le volume d'une balle de ping pong." Alain consulte alors un chirurgien et passe une batterie de tests : scanner, IRM et ponction de la glande parotide. Le diagnostic fait état d'une tumeur rare et grave, à opérer vite. Alain doit mettre son métier entre parenthèses pendant plusieurs semaines pour soigner la tumeur qui ne cesse de grossir. En préservant le nerf facial qui donne la mobilité au visage, le chirurgien extrait la tumeur et toute la glande parotide en comblant la cavité avec un lambeau de peau prélevé sur la cuisse. Après le bon déroulement de l'opération, Alain a dû faire 28 séances de radiothérapie, et six chimiothérapies. L'oncologue l'a également informé des potentiels effets secondaires comme les aphtes, la sécheresse buccale ou l'altération du goût mais Alain a été très chanceux. "Je n'ai pas eu d'effets secondaires [...] Je suis sûr que je suis pas le seul. Quand on vous annonce quelque chose comme ça, il faut partir gagnant." Pendant son traitement, Alain a continué de travailler avec ses équipes et a bénéficié d'une seconde greffe grâce à de la peau prélevée sur son crâne.