Atteinte par le Covid-19, elle accouche dans le coma

Diana Angola, une Colombienne de 36 ans, a été hospitalisée le 15 mai en raison d’une forte fièvre et plongée dans un coma artificiel trois jours plus tard.

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr, avec AFP

Rédigé le June 29, 2020 , mis à jour le June 29, 2020

Lorsqu'elle a donné naissance à son fils Jefferson, Diana Angola luttait pour sa survie. La jeune femme de 36 ans, atteinte par le coronavirus, a été plongée dans un coma artificiel pour pouvoir accoucher. 

En raison de l'état des poumons de la jeune femme affaiblis par le Covid-19, les médecins ont pratiqué une césarienne et Jefferson est né 14 semaines avant terme. 

A lire aussi : Une Argentine accouche dans le coma et se réveille cinq mois plus tard

Grossesse sous Covid-19

« C’est un cas qui a généré beaucoup de stress car nous savions qu'il y avait peu de cas de survie signalés dans un contexte aussi grave que celui de notre patiente », a expliqué à l'AFP Paula Velasquez, médecin spécialiste en médecine interne à la clinique de Versalles, dans la ville de Cali (sud-est).

« Ils ont dû juger que la santé du bébé était en danger », explique David Elia, gynécologue-obstétricien à Paris. « Le problème du virus, c’est qu’il augmente le risque de thrombose, de phlébite et d’embolie pulmonaire voire cérébrale. Faire une césarienne à ce stade est un acte de désespoir, c’est se dire qu’il n’y a qu’une solution pour essayer de sauver l’un des deux. »

A lire aussi : Covid-19 : une étude montre un risque important de phlébite chez les patients intubés

Coma artificiel à partir du 18 mai

La trentenaire, déjà mère d'un enfant, a été hospitalisée le 15 mai en raison d'une forte fièvre. Trois jours plus tard, elle a été plongée dans un coma artificiel et maintenue ainsi jusqu'à l'opération. 

En raison de sa grossesse, elle a dû être maintenue assise à un angle de 45 degrés, alors que les personnes souffrant de pneumonie sont normalement couchées à plat ventre pour faciliter leur respiration. 

A lire aussi : Covid-19 : le déconfinement inquiète l'OMS

Un grand prématuré

Jefferson est né à 24 semaines et demi de grossesse et sans le coronavirus. "Un être humain peut survivre à partir de 24 semaines avec un bon poids, mais avec beaucoup de technologie et un effet sur le développement neurologique et les poumons", souligne le Dr Velasquez. 

Mais selon le pédiatre Edwin Olivo, un des spécialistes impliqués dans l'accouchement, l'enfant a rapidement commencé à prendre du poids et l'état du nourrisson, toujours en couveuse, s'est peu à peu amélioré. 

A lire aussi : Le plus petit bébé au monde est sorti de l’hôpital

Réanimer un bébé

"Il est né avec de grandes difficultés pour respirer, nous avons dû le réanimer, nous avons dû passer par toute la procédure d'un patient critique", explique le praticien.  

"C'est vraiment émouvant de savoir que nous nous sommes battus, que les médecins nous ont aidés à survivre", témoigne Diana d'une voix encore faible.

« La difficulté principale chez les grands prématurés, ce sont les poumons immatures », explique David Elia. « Le bébé peut avoir des poumons fonctionnels, ou pas. Les réanimateurs de ces bébés accomplissent des prouesses. Ils font 500 grammes et on arrive à les réanimer, c’est stupéfiant ! 

A lire aussi : Prématurés : pour un avenir sans séquelles

L’Amérique latine, nouvel épicentre de l’épidémie

La jeune femme, désormais guérie du coronavirus, ne sait pas comment elle a été contaminée et sa famille assure qu'elle a rigoureusement respecté le confinement imposé dès le 25 mars en Colombie. Sa soeur Angela veut que l'histoire vécue par sa soeur et son neveu serve à sensibiliser la population.

"Il y a beaucoup de gens qui sortent sans masque, qui font la fête, car ils ne connaissent personne avec le virus, ils ne se rendent pas compte" de sa dangerosité, dit-elle. Avec plus de 2.600 décès et 80.000 cas déclarés, la Colombie est le sixième pays le plus touché en Amérique latine en nombre de morts et le cinquième en nombre de contaminations.