"Monsieur Macron, laissez-nous congeler nos ovocytes": le cri de détresse de Lorie

La chanteuse Lorie souffre d'endométriose, mais la forme de la maladie n’est pas assez sévère pour qu’elle ait le droit de congeler ses ovocytes. Elle en appelle donc au Président.

Crédit photo : ©Instagram - Lorie Pester officiel

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le October 19, 2018 , mis à jour le October 19, 2018

"Nous sommes des milliers à nourrir cet espoir ardent de donner la vie. Je veux me rendre utile, pour elles, pour moi, pour mon pays", déclare la chanteuse Lorie dans une lettre ouverte sur le Huffington Post. Dans son appel, publié le 18 octobre, elle explique qu’elle est dans l’incapacité de concevoir un enfant naturellement à cause de son endométriose.

Elle est donc allée en Espagne faire congeler ses ovocytes, dans l’optique de réaliser une fécondation in vitro (FIV). Car l’autoconservation n’est toujours pas légale en France, malgré un avis positif récemment émis par le Conseil d’éthique. La chanteuse de 36 ans demande donc au président de la République d'autoriser la congélation préventive.

Pour le moment, en France, la congélation d'ovocytes n'est possible que si la patiente souffre de maladies affectant sa fertilité – comme l’endométriose jugée "sévère" – ou si elle accepte de faire don de plusieurs ovocytes. Néanmoins, l’endométriose dont souffre Lorie n’est pas considérée comme assez grave pour que la chanteuse ait le droit de congeler ses ovocytes. "Pour être mère, je dois toujours contrevenir à la loi et faire en Espagne ce que mon pays m'interdit", résume-t-elle.

Une "discrimination entre les régimes de congélation de gamètes des hommes et des femmes"

Lorie dénonce par ailleurs l’absurdité de cette interdiction, alors que l’on peut conserver du sperme. "Notre pays se vante pourtant de faire de l'égalité homme-femme une priorité. Comment justifier alors cette discrimination entre les régimes de congélation de gamètes des hommes et des femmes ?" s’interroge-t-elle. La chanteuse indique également avoir souhaité rencontrer la ministre de la Santé Agnès Buzyn et lui avoir fait parvenir son livre Les Choses de ma vie, dans lequel elle raconte son parcours.

Lorie, qui aurait rêvé d’être mère à 27 ans, s’est retrouvée confrontée à la dure réalité de la maladie. Plus tard, après avoir fait une grossesse extra-utérine, les médecins lui ont conseillé d’aller congeler ses ovocytes. Mais la jeune femme avait déjà 36 ans, un âge où la fertilité commenc à chuter. "Si l'on m'avait dit qu'à 25 ans la probabilité d'avoir un enfant par cycle était de 25%, de 12% à 35 et de 6% à 40 ans, j'aurais mis toutes les chances de mon côté, en congelant mes ovocytes", affirme Lorie. "Si, comme moi, le mal qui vous ronge n'est pas assez sévère aux yeux de la loi ; si vous êtes célibataire, âgée de 35 ans. Si vous n'avez pas rencontré le partenaire idéal et avez fait le choix de saisir des opportunités professionnelles. Armez-vous de courage", ajoute-elle.

L’endométriose se caractérise par un développement de cellules comparables à celles de l'endomètre en dehors de l’utérus. Pendant les règles, ces cellules réagissent aux variations hormonales, ce qui provoque parfois des douleurs insoutenables. On estime aujourd’hui qu’au moins 10% des femmes en âge de procréer en souffrent.

"Le diagnostic de l'endométriose". Sujet diffusé le 7 mars 2016.

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