Endométriose : l'actrice Lena Dunham a subi une ablation de l’utérus

La créatrice de la série Girls a révélé avoir subi une hystérectomie pour mettre fin aux douleurs insupportables causées par son endométriose.

Par Maud Le Rest, avec AFP

Rédigé le February 15, 2018 , mis à jour le February 15, 2018

"Je combats l’endométriose depuis une dizaine d’années, et ce sera ma neuvième procédure chirurgicale", racontait l’actrice et réalisatrice américaine Lena Dunham en 2017. Des propos rapportés dans le dernier numéro de Vogue, dans lequel elle a signé une tribune. La créatrice de la série a en effet subi une ablation de l’utérus fin 2017 pour soulager les douleurs dues à son endométriose.

"La douleur me fait délirer"

Ces douleurs se sont accentuées l'été dernier, raconte l’actrice : "En août, la douleur devient insupportable. Elle me fait délirer, et les médecins ne peuvent pas vraiment l’expliquer." Lena Dunham explique qu’elle a tout essayé pour enrayer cette souffrance, qui s’est intensifiée au fil des mois : "D’août à novembre, j’essaie désespérément de supporter ce nouveau niveau de douleur. […] Je pratique des exercices du plancher pelvien, de la massothérapie, de la thérapie de la douleur, de chromothérapie, de l’acupuncture, du yoga […]."

Pour l’actrice de 31 ans, qui n’a pas d’enfants mais pense en vouloir à l’avenir, son choix de procéder à une hystérectomie s’est néanmoins avéré logique. "Avec une telle douleur, je ne serai jamais capable d’être la mère de quiconque. Même si je tombe enceinte, je ne peux rien offrir", confie-t-elle. D’après elle, les "traitements médicaux à base d’héroïne pour gérer la douleur" utilisés aux Etats-Unis "ne sont évidemment pas une solution à long terme".

"J’ai travaillé vraiment dur pour que ma douleur soit reconnue"

Aujourd’hui, l’actrice récupère. "Ca fait quelques mois maintenant [que je me suis fait enlever l’utérus]. Malgré quelques petites complications […], je guéris comme une championne." Pourtant, faire accepter son choix au corps médical n’a pas été facile. "Parce que j’ai travaillé vraiment dur pour que ma douleur soit reconnue, je n’ai pas eu le temps de ressentir de la peur ou du chagrin", admet-elle.

En France, on traite l'endométriose par une prise de pilule contraceptive en continu ou par la pose d'un stérilet, de façon à bloquer les règles. Si cela ne soulage pas la patiente, on peut procéder à une ménopause artificielle. Enfin, en dernier recours, une hystérectomie peut être envisagée.

Lena Dunham a par ailleurs confié à Vogue qu’elle comptait bientôt se soumettre à des examens pour détecter l'éventuelle présence d'ovocytes dans son corps, ce qui est possible lorsqu’on souffre d’endométriose (pour rappel, cette maladie entraîne le développement de l'endomètre hors de l’utérus). Si les tests s’avèrent positifs, elle affirme envisager l’éventualité d’avoir recours à une mère porteuse. Enfin, elle songe aussi à l’adoption, une possibilité qu’elle juge "palpitante".

Aujourd'hui, la Haute autorité de santé recommande aux médecins d'aborder la question de la conservation d'ovocytes avec les femmes prêtes à suivre un traitement hormonal contre l'endométriose, indique Nathalie Clary, présidente de l'association Endomind. Néanmoins, prélever ses ovocytes avant une hystérectomie pour avoir ensuite recours à une gestation pour autrui, comme l'envisage Lena Dunham, n'est pas légal en France.

Le 24 mars 2018 se déroulera la 5e édition de la Marche Mondiale pour l’Endométriose dans plus de 60 capitales à travers le monde. Elle a pour but de communiquer sur cette pathologie, encore trop méconnue aujourd'hui.

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