Hépatite C : deux médicaments deviennent plus accessibles aux patients

La prescription de deux médicaments pour le traitement de l’hépatite C chronique est désormais ouverte à tous les médecins pour faciliter la prise en charge des patients.

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr, avec communiqué

Rédigé le May 22, 2019 , mis à jour le May 22, 2019

Jusqu’à présent réservés à certains spécialistes, il est dorénavant possible à tout médecin de prescrire deux traitements antiviraux - dits à action directe- contre l’hépatite C. Le parcours de soins se trouve ainsi simplifié pour les patients atteints de formes non compliquées de l’hépatite C et sans facteur de comorbidités. “Les traitements concernent les personnes qui souffrent d’une hépatite C simple, sans association avec une hépatite B, une contamination par le VIH, ou une maladie liée à l’alcool", précise le Pr Gabriel Perlemuter, chef du service d’hépato-gastroentérologie et nutrition à l'hôpital Antoine-Béclère (AP-HP) à Clamart et auteur du livre “Les pouvoirs cachés du foie” (Flammarion/Versilio).

Moins de patients perdus de vue

Le Pr Gabriel Perlemuter se félicite de cette élargissement des conditions de prescription des traitements. “C’est une mesure qui évite les retards de prise en charge et la perte de vue de patients. A partir du moment où un médecin généraliste pose un diagnostic d’hépatite C, il pourra instaurer le traitement lui-même sans orienter vers un spécialiste.” Les deux molécules concernées sont d'une très grande efficacité et ne présentent pas d'effets indésirables majeurs. Elle permettent l'émimination du virus et la guérison. 

Cette efficacité dans la prise en charge a un double avantage. “Elle sert à la fois l’intêret du patient et de la société : plus vous traitez de gens, plus vous rompez la chaîne de contamination”, rappelle l’hépato-gastroentérologie

L’hépatite C, bientôt une maladie orpheline

La France s’est fixé comme objectif l’élimination de l’hépatite C à l’horizon 2025, poursuivant ainsi les objectifs définis en 2014 par l’OMS pour éliminer cette maladie. Le renforcement de l’accessibilité aux traitements de l’hépatite C s’articule avec l’intensification des actions de prévention et de dépistages. “L’éradication de l’hépatite C, nous n’en sommes pas loin, indique le Pr Perlemuter. On estime qu’il y a seulement entre 30 et 70 000 personnes encore non dépistées en France. A terme, l’hépatite C va devenir en France une maladie orpheline."

Les personnes les plus touchées en France par l’hépatite C sont les toxicomanes, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), et les personnes migrantes.

L’hépatite C est une maladie du foie causée par un virus. Il peut entraîner à la fois une infection hépatique aiguë et chronique, dont la gravité est variable. Une forme bénigne peut ne durer que quelques semaines alors qu'une atteinte grave peut s'installer à vie. Les complications les plus graves sont des cancers hépatiques ou des cirrhoses, d'où l'importance de faciliter l'accès aux traitements limitant ces risques.