Ce que l'on sait des caillots sanguins, effet secondaire "très rare" du vaccin Astrazeneca

L’Agence Européenne des médicaments considère que la formation de certains caillots est bien un effet secondaire « très rare » du vaccin AstraZeneca. Les experts estiment tout de même que le rapport bénéfice/risque reste largement favorable à son utilisation. 

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le April 8, 2021 , mis à jour le April 8, 2021

Lors d'une réunion qui s'est tenue jeudi 7 avril, les experts de l'EMA, l'Agence Européene du Médicament, ont conclu qu’il fallait bien considérer ces troubles de la coagulation comme de très rares effets secondaires du vaccin, mais sans expliquer précisément le mécanisme en cause.

Réaction anormale des défenses immunitaires

La seule piste évoquée, c’est une réaction imprévue des défenses immunitaires. Normalement, elles doivent seulement lutter contre le coronavirus. Avec ce vaccin, il y aurait une réponse anormale qui ressemble à un problème déjà observé, très rarement, chez à certain type de patients : ceux traités avec un anticoagulant, anti « caillots » : l’héparine.

Dans ces cas-là, l’organisme se met à produire des anticorps capables d’« activer » les plaquettes, les principaux ingrédients des caillots sanguins. Comme si l’organisme luttait contre le traitement anticoagulant.

Rôle inattendu des plaquettes

A ce moment-là, comme les plaquettes s’agglomèrent pour former les caillots, dans la circulation sanguine, forcément, il y en a moins. Donc les patients peuvent à la fois avoir des vaisseaux bouchés et des hémorragies… ce qui est difficile à traiter. Mais attention, cette exceptionnelle réaction à l’héparine n’entraînerait jamais la formation de caillots là où on les observe après la vaccination par Astrazeneca, au niveau des veines du cerveau par exemple.  

Un rapport bénéfice/risque toujours favorable

Sans avoir précisément identifié le mécanisme en cause, la conclusion apportée par l’agence européene des médicaments est ferme : les 86 cas de thromboses atypiques survenus après 25 millions d’injections ne remettent pas en cause la protection apportée par le vaccin Astrazeneca contre le covid qui fait des milliers de morts en Europe.

Autrement dit, le fameux rapport bénéfice/risque est affirmé comme globalement favorable. Pour autant, les scientifiques n’ont pas exigé que tous les états de l’Union Européenne proposent ce vaccin à tout le monde.

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Des choix au niveau national

Au contraire, Emer Cooke, la directrice de l’agence a répété que chacun devait choisir sa stratégie en fonction du niveau de l’épidémie dans son pays, de l’âge de sa population et des différents vaccins dont il dispose…

Nous sommes ici au cœur d’arbitrages où la science pure ne maîtrise pas tout. D’autant plus que cette science elle-même est en difficulté pour établir le niveau de risque. En Allemagne par exemple, le nombre de cas signalés par rapport au nombre d’injections est de 1 pour 100 000 alors qu’au Royaume-Uni il est de 1 pour 600 000.