Saignement de nez : fréquent, mais bénin

Le saignement de nez, appelé épistaxis, est toujours impressionnant, encore plus s'il s'agit de son enfant ou d'une personne âgée. Mais rassurez-vous avant 10 ans ou après 70 ans, saigner du nez est fréquent, mais rarement grave.

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le January 27, 2016 , mis à jour le February 16, 2016

Sommaire

Saignement de nez : les explications anatomiques

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent l'épistaxis.

En ORL, le saignement de nez est une urgence habituelle et seuls 5% des cas sont hospitalisés.

L'air qu'on respire passe par les fosses nasales. Elles s'ouvrent sur l'extérieur, à l'avant, sur les narines. Elles débouchent à l'arrière sur le rhinopharynx. Les sinus sont de petites cavités remplies d'air, creusées dans la partie faciale des os du crâne. Les fosses nasales et les sinus sont tapissés d'une muqueuse. Celle-ci est irriguée par un réseau très développé de vaisseaux sanguins.

Si une rupture de ces petits vaisseaux se produit dans les fosses nasales ou les sinus, du sang s'écoule alors spontanément des narines (on parle alors d'épistaxis). Lorsque l'origine du saignement est postérieure dans les fosses nasales, le sang coule plutôt dans la gorge, et il est le plus souvent craché.

Les saignements de nez sont très fréquemment modestes et bénins. Dans la plupart des cas, il s'agit d'une banale rupture d'un petit vaisseau causée par exemple par une inflammation de la muqueuse, une sécheresse de l'air...

Mais les saignements de nez peuvent aussi avoir des causes plus sérieuses comme une tumeur des fosses nasales ou des sinus par exemple. La maladie de Rendu-Osler, une maladie rare qui se caractérise par une anomalie des vaisseaux, peut aussi être la cause de saignements spectaculaires.

Saignement de nez : la cautérisation

Attention, images difficiles ! La cautérisation nasale permet de faire cesser les saignements de nez.

Les saignements de nez surviennent fréquemment lors de la prise d'anticoagulants. Une manière efficace de les traiter est de cautériser le vaisseau responsable à l'aide d'une pince électrique.

La cautérisation consiste à utiliser des courants électriques afin d'obturer les vaisseaux sanguins responsables des saignements de nez.

Saignement de nez et maladie de Rendu-Osler

Un saignement de nez, ça peut arriver, même souvent… Mais quand le saignement est très abondant et dure longtemps, c'est peut-être un symptôme de la maladie de Rendu-Osler.

Quand on souffre de la maladie Rendu-Osler, les saignements peuvent devenir invalidants et nécessiter des transfusions régulières. Dans ce cas, une solution possible est l'injection d'une colle médicale pour reboucher les vaisseaux.

Chaque geste de cette intervention doit être délicat. À commencer par la pose de mèches pour empêcher les saignements et rétracter la muqueuse pendant l'intervention. "En cas de maladie de Rendu-Osler, la muqueuse est très fragile, elle saigne au moindre contact et donc il faut mettre les mèches très doucement", indique le Dr Michel Borsik, chirurgien ORL. À l'aide d'un endoscope, le chirurgien repère d'abord les lésions créées par la maladie chez le patient.

Dans la maladie de Rendu-Osler, c'est une protéine qui est responsable de la déformation des vaisseaux. Pour contrer son action, le chirurgien injecte un anticorps. Une colle médicale est ensuite injectée dans le nez. Entièrement chimique, elle est utilisée en médecine depuis la guerre du Vietnam notamment pour colmater de petites plaies.

Très efficace, la colle reste un produit chimique qui doit être injecté avec précision et attention comme l'explique le Dr Borsik : "Dans le nez, il y a des vaisseaux qui viennent de la sylvienne qui est l'artère qui vascularise le cerveau. Et par le biais des artères ophtalmiques qui vascularisent les yeux, si on a une diffusion du produit dans ces vaisseaux, on peut provoquer une baisse de vision qui peut être définitive".

Malgré cette éventualité, l'injection de colle reste un moyen très efficace pour limiter les hémorragies sur la durée. Ces injections prises en charge par la Sécurité sociale sont à refaire environ tous les trois ans.

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