Un plan de lutte contre les maladies cardiovasculaires pour sauver des vies

La Fédération française de cardiologie a, pour la première fois, remis un livre blanc de lutte contre les maladies cardio-vasculaires. Un plan, à destination des autorités de santé, qui propose une cinquantaine de mesures pour améliorer la prise en charge ces 2,2 millions de malades.

Par Léa Galanopoulo

Rédigé le October 22, 2014 , mis à jour le March 13, 2015

"Avec en France 400 morts par jour, les maladies cardiovasculaires, qualifiées par l'OMS de prochaine "épidémie" mondiale, n'ont pas la prise en charge qu'elles méritent", explique Claude Le Feuvre, président de la Fédération Française de Cardiologie (FFC). En questionnant une cohorte de cardiologues et 500.000 patients, les auteurs ont rédigé le Livre blanc pour un plan coeur. Un "plan cœur" remis aux autorités de santé le vendredi 17 octobre 2014.

Après deux ans de discussions et de tables rondes, les auteurs espèrent voir émerger un plan national de lutte contre les maladies cardiovasculaires, dans la lignée de ceux créés pour la maladie d'Alzheimer ou le cancer. Parmi les sept axes principaux développés dans ce livre blanc, trois mesures ont retenu notre attention.

Réduire les inégalités entre hommes et femmes

Les maladies cardiaques sont la première cause de mortalité des femmes, et pourtant elles sont toujours moins bien prises en charge que les hommes. "Les femmes sont mal diagnostiquées à la fois par elles-mêmes et par leur médecin, notamment parce qu'elles ont beaucoup plus souvent des symptômes atypiques" précise le Dr Marie-Claude Morice, cardiologue à l'Institut cardiovasculaire Paris-Sud.

Par rapport aux hommes, elles ont beaucoup moins de douleurs avant l'infarctus. Et elles sont aussi moins traitées, une femme de moins de 75 ans a deux fois plus de risques de mourir d'un accident vasculaire cérébral qu'un homme. Pour lutter contre, le livre blanc préconise une prise en charge et une surveillance accrue des femmes, en particulier à trois moments clés de leurs vies : en période de contraception, de grossesse et de ménopause. Les médecins et les gynécologues devront donc être mieux informés sur ces risques.

Elargir et faciliter l'utilisation du défibrillateur

Plus de 80.000 défibrillateurs ont été installés dans toute la France, mais cela reste insuffisant selon les auteurs du livre. Pour mieux répondre à l'urgence, ils souhaitent élargir ces installations aux zones les plus démunies et les plus isolées géographiquement. En parallèle, la campagne d'information "Trois gestes qui sauvent : appeler le 15, masser, défibriller" devrait être amplifiée.

Le livre blanc rappelle que lors d'un infarctus chaque minute perdue réduit de 10% les chances de survie. Reconnaître un infarctus et réagir dans l'urgence est donc essentiel.

Initier aux gestes qui sauvent dès l'école primaire

Cette mesure, déjà inscrite dans la loi, n'est actuellement pas obligatoire : la formation aux premiers secours pour les enfants se faisant sur la base du volontariat. Le plan coeur préconise de rendre obligatoire l'initiation au secourisme. Les enfants apprendront par exemple à reconnaître les symptômes d'un AVC ou d'un infarctus. Un logiciel éducatif, appelé "Hector apprend moi à porter secours" a d'ores et déjà été développé en région Rhône-Alpes.

Au delà de ces trois mesures, le livre blanc de la FFC expose un grand nombre d'autres recommandations. Favoriser la réinsertion professionnelle, accompagner le malade dans sa réadaptation ou encore développer une politique de recherche en cardiologie. En remettant ce programme, les auteurs espèrent que leurs recommandations seront entendues et mises en place par les autorités de santé.

 

 

 

 

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