Coma : comment les soignants évaluent l'état de conscience ?

En plus des IRM et tests neurologiques, le ressenti des soignants serait déterminant pour évaluer l'état de conscience d'un patient à la sortie du coma selon une étude française parue dans la revue BMJ.

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le February 27, 2019 , mis à jour le February 28, 2019

IRM, scanner ou encore examen clinique très codifié... L'évaluation d'un patient en état de conscience altéré ne laisse habituellement que peu de place aux sensations des soignants. Pourtant, à leurs côtés tout au long de la journée, les infirmiers et aides-soignants détectent parfois des signes presque imperceptibles de "présence".

Pour objectiver ces sensations dans le cadre d'une étude, des infirmières ont justement conçu un outil très simple avec des médecins et chercheurs de l'Inserm et de l'Institut du Cerveau et de la Moelle (ICM). Proche d'une échelle de la douleur, cet outil baptisé "Docfeeling", permet aux soignants d'objectiver leurs sensations en remplissant une fiche à la fin de chaque journée. La principale question posée est simple : le patient vous paraît-il "là" ? A zéro, il semble totalement absent et à 10, il communique. 

L'appréciation des soignants, une vraie valeur ajoutée

Pour Gwen Goudard, une des deux infirmières qui ont initié l'étude au sein de leur service de réanimation neurologique de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), cette évaluation était déjà réalisée de manière informelle : "Les médecins venaient nous voir et nous demandaient si un patient était présent ou pas présent. Et finalement, c'est quelque chose que nous avons conscientisé en mettant en place cet outil d'évaluation, donc en concrétisant ce qui était déjà fait dans notre quotidien".

Cette étude, publiée dans le British Medical Journal, montre que la moyenne des évaluations des soignants est corrélée aux résultats des médecins. Cela rejoindrait aussi le ressenti de certaines familles, comme l'explique le Dr Bertrand Hermann, neurologue à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière et chercheur à l'Inserm : "Cette mesure apporte le côté subjectif qui permet d'approcher l'évaluation de l'état de conscience par la famille du patient et de comprendre parfois les discordances qu'on peut avoir entre notre évaluation et le ressenti des familles. Quand on a une évaluation très élevée alors que notre examen montre un niveau de conscience très bas, et inversement, on essaie de comprendre les discordances, de voir d'où elles viennent et cela peut aider au diagnostic et à la prise en charge globale des patients". L'évaluation de l'état de conscience des patients peut aussi aider à pronostiquer leur évolution.

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