Non, le cancer n'est pas une fatalité !

Arrêter de fumer, boire moins, manger mieux... Autant de bonnes habitudes qui permettent de limiter les risques de cancer. Pourtant, selon l'Institut national du cancer (INCa), un tiers des Français pensent qu'il n'y a rien à faire pour éviter la maladie.

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le March 5, 2019 , mis à jour le March 6, 2019

Non, "nous ne sommes pas impuissants face aux cancers" ! Au moins 40% des cancers pourraient être évités mais pour cela, il faut changer certains de nos comportements. L'Institut national du cancer (INCa) lance une grande campagne de prévention pour "combattre les idées reçues" sur le cancer, mieux cerner les risques et adopter les bonnes habitudes pour se préserver de la maladie.

Thierry Breton, directeur général de l'Institut national du cancer (INCa), était l'invité du Magazine de la santé ce mardi 5 mars.

  • Si la majorité de la population a bien compris le lien entre tabac et cancer, un tiers de la population de 15 à 75 ans fume encore au moins occasionnellement avec des effets dramatiques. Chaque année en France, 68.000 nouveaux cas de cancer sont dus au tabac, ce qui entraîne 45.000 décès chez les adultes de plus de 30 ans. Pourquoi le message ne passe pas ?

Thierry Breton, directeur général de l'Institut national du cancer (INCa) : "Il y a des habitudes qui sont très installées. On est face à des populations et des personnes qui doutent un peu parfois. Il y a un côté un peu fataliste dans la lecture du cancer. On a l'impression qu'on ne peut pas lutter contre le cancer. Et ce que nous voulons faire passer comme message à la population, c'est que non, nous ne sommes pas impuissants et si nous nous mobilisons tous, nous pouvons éviter 150.000 nouveaux cas de cancer par an, ce qui est considérable.

"Par exemple, la durée du tabagisme et la quantité consommée sont tous les deux délétères. Notre campagne vient briser quelques idées fausses et apporte des informations. La quantité de tabac, même si elle est faible, est aussi dangereuse que la durée, et donc le risque est aussi important. Le bénéfice est complet dès qu'on arrête de fumer."

  • L'alcool est le deuxième facteur de risque évitable auquel s'attaque la campagne. La vision du risque avec l'alcool est erronée, puisqu'il est le plus souvent associé aux accidents de la route et aux violences. Mais là encore, l'alcool a sa part de responsabilité dans la survenue de cancers ?

Thierry Breton : "L'alcool a une part de responsabilité importante dans la survenue de cancers : 8% des cas de cancers, 16.000 décès par an. Et ce sont parfois des cancers méconnus ou qu'on ne peut pas attribuer facilement à la consommation d'alcool. 8.000 décès par cancer du sein sont liés à la consommation d'alcool, donc il a un poids important. On essaie donc de délivrer un message pour faire connaître cette information et pour inciter tout le monde à réduire sa consommation. Les repères sur lesquels nous travaillons pour la population visent à dire qu'il ne faut pas consommer plus de deux verres par jour, avec deux jours d'abstinence par semaine."

  • Dernier volet de la campagne : les habitudes alimentaires. On connaît le caractère protecteur des fruits et légumes, quelles sont les habitudes alimentaires contre lesquelles il faut lutter ?

Thierry Breton : "Deux facteurs très connus sont le surpoids et l'obésité, qui représentent à peu près 10% des nouveaux cas de cancers. Il faut lutter contre la malnutrition et inciter à la bonne nutrition : la consommation de céréales complètes, la consommation de fruits et légumes... Il faut avoir une alimentation équilibrée et une activité physique régulière pour éviter surpoids et obésité, qui sont une part importante des cancers d'aujourd'hui."

  • La pression des industriels de l'alcool et de l'agroalimentaire sur le gouvernement est très forte. Cette campagne vise donc à responsabiliser les Français sur leurs habitudes. Que proposez-vous concrètement ?

Thierry Breton : "Cette campagne propose des informations nouvelles. Nous sommes tous exposés à de nombreuses informations, quels que soient les secteurs, les industriels ou d'autres acteurs. Nous souhaitons mettre à disposition et donner à chacun une information de santé publique pour que chacun puisse décider en connaissance de cause et agir pour réduire les facteurs de risques. Et cela, avec des tests ludiques. On a des informations sur notre site e-cancer.fr, on a aussi un quiz sur notre site qui permet de jauger ses pratiques, de voir les petits ajustements que l'on peut opérer... Parfois, les ajustements ne sont pas si importants et ils sont très bénéfiques. Et on essaie d'accompagner chacun qui souhaite modifier ses comportements pour aller vers des choses plus saines, plus équilibrées qui réduisent le risque de cancer et qui concourent au bien-être de tout le monde."

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