Tout savoir sur les allergies solaires

Les "allergies solaires" sont des maladies cutanées - appelées aussi photodermatoses - déclenchées par l'exposition au soleil. Généralement peu dangereuses, elles n'en sont pas moins très désagréables et peuvent vite devenir les ennemis numéro un d'une pause estivale.

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le July 2, 2014 , mis à jour le August 8, 2019

Quelles allergies ?

  • La lucite estivale bénigne (LEB), la plus courante et la moins dangereuse. Elle se traduit par l'apparition de petits boutons qui vont former des plaques rouges localisées au niveau du cou, des épaules, des bras, des mains et du décolleté. Ces plaques apparaissent de 12 à 72 heures après une première exposition durable au soleil, puis elles réapparaissent après chaque nouvelle exposition. 
     
  • La lucite polymorphe est moins fréquente, et également plus dangereuse car elle se répète en s'aggravant à chaque exposition. Sa particularité est aussi de prendre plusieurs formes, pouvant aller des cloques aux plaques plus ou moins grandes. Toutes les parties exposées au soleil peuvent être touchées. De plus, cette forme de lucite peut être déclenchée par un soleil très faible et indirect (à travers une vitre de voiture par exemple).
     
  • L'urticaire solaire est la troisième catégorie d'allergie solaire que l'on peut distinguer, elle se manifeste par des plaques bombées qui ressemblent à des piqûres d'orties, apparaissant seulement quelques minutes après l'exposition.
     

Qui est touché ?

Concernant la lucite estivale, on sait que 10 à 20% de la population mondiale est touchée, et de façon plus importante en Europe du Nord. Les femmes sont les plus vulnérables à ces photodermatoses, elles représentent 90% des personnes atteintes, et tout particulièrement les jeunes femmes de 15 à 35 ans. Cependant ces dernières années, le nombre de cas décelés chez les hommes augmente sensiblement, selon le Dr Edith Duhard, médecin spécialiste en dermatologie à Tours. La lucite polymorphe touche aussi bien les hommes que les femmes.

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Si les jeunes adultes sont plus fréquemment touchés, il faut néanmoins savoir que l'allergie solaire est une pathologie qui peut atteindre un individu à n'importe quel âge, dès la première exposition au soleil ou lors d'expositions postérieures.

Quelles sont les causes ?

Les allergies solaires sont déclenchées par un apport massif et soudain d'UV (les UVB mais aussi et surtout les UVA, contre lesquels les crèmes solaires ne protègent pas toujours) qui pénètrent dans l'épiderme après une exposition au soleil. Ce trop plein d'UV provoque une réaction immunitaire exacerbée des cellules de la peau, d'où les rougeurs allergiques.

À noter également que certains médicaments tels que les antidépresseurs, certains médicaments pour soigner les problèmes cardiaques ou les cyclines (antibiotiques) peuvent aggraver la photosensibilité de l'épiderme.

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Comment traiter ?

Il est important de savoir que les allergies solaires ne peuvent être soignées définitivement, d'autant plus qu'il s'agit de pathologies qui se gardent à vie : on peut seulement limiter leurs effets et soulager la douleur. Pour cela, le médecin peut prescrire des antihistaminiques ou des traitements à base de cortisone qui vont soulager les démangeaisons. Enfin, bien hydrater sa peau va aussi permettre d'atténuer la sensation de grattement. 

Comment prévenir les allergies au soleil ?

La meilleure façon d'éviter les allergies solaires, c'est la prévention, et la meilleure prévention reste la crème solaire, à choisir de préférence avec une protection SPF 50+, avec un mélange de filtres anti-UVB et anti-UVA et à appliquer régulièrement, et pouvant résister à l'eau. Il est recommandé aussi de s'exposer au soleil progressivement (environ 30 minutes par jour) en évitant les heures les plus chaudes, de midi à 16 heures.

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Des traitements à titre préventif existent également, pouvant être prescrits médicalement :

  • des antipaludéens de synthèse ; ils disposent d'études contrôlées prouvant que leur efficacité est supérieure à celle du placebo.
  • des acides para-amino-benzoïques ; une étude de faible niveau de preuve a montré son efficacité.
  • une cure de caroténoïdes deux semaines avant exposition au soleil (produits ne disposant pas d'études contrôlées prouvant leur efficacité) ;
  • une puvathérapie ou photothérapie (irradiation d'UVA trois fois par semaine, comptant une quinzaine de séances, permettant de préparer la peau aux UV). Elle a un taux très élevé de satisfaction parmi les patients mais son coût est un frein, tout comme le cacractère astreignant.
     

Attention !

Si la photothérapie est conseillée et permet de préparer la peau à l'exposition au soleil, ces séances d'exposition aux UV doivent être strictement encadrées médicalement : il ne s'agit donc pas de penser que des séances d'UV dans des centres de bronzage avant de partir en vacances permet de s'immuniser contre les allergies solaires. Rappelons que les séances UV comportent des risques, et que le vieillissement de la peau et le cancer de la peau (mélanome) peuvent aussi bien être provoqués par des UV artificiels que naturels.

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