Fluor : gare aux excès

En gouttes ou en petits comprimés, beaucoup d'entre nous se souviennent avoir pris du fluor dans leur enfance. Ces traitements devaient assurer des dents saines et sans carie. Pourtant, ingéré en excès, le fluor peut devenir nocif. 

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le October 24, 2016 , mis à jour le October 27, 2016

On l'a longtemps considéré comme l'ami de nos dents. Et toutes les études l’attestent : associé à un brossage régulier, le fluor est une barrière efficace contre les caries. Mais, à trop forte de dose, le fluor peut avoir des effets délétères. En 2010, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs classé le fluor parmi les dix produits chimiques posant un problème majeur de santé publique, au même titre que l’amiante ou l’arsenic.

Un apport excessif de fluor peut en effet provoquer différentes maladies. La fluorose dentaire est la plus connue. L’émail devient poreux et des tâches apparaissent progressivement sur les dents. Le processus est irréversible car l’émail ne se régénère pas. Le seul traitement existant aujourd’hui est la pose de facettes, des petites coques déposées sur les dents pour cacher les tâches. Une solution onéreuse puisqu’une facette coûte près de 800 euros et n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale. Les os peuvent également être touchés : la fluorose osseuse provoque des changements dans la structure des os qui deviennent plus fragiles et cassants.

Pour les enfants, le taux à ne pas dépasser est de 1 milligramme par jour. Pour les adultes, ce taux monte à 4 milligrammes. Une dose maximale qui peut vite être dépassée. Car les comprimés et le dentifrice ne sont pas les seules sources de fluor. Cet oligo-élément est aussi présent dans le thé en sachet, dans certaines eaux gazeuses, dans le sel de table, et même dans l'eau potable de certaines régions. On le retrouve également dans les emballages alimentaires, les revêtements en téflon des poêles ou dans des imperméabilisants de vêtements ou de chaussures.

La France n’a pas attendu l’OMS pour se méfier du fluor. Dès 2008, un rapport de l’ANSM (ex-Afssaps), l’Agence française du médicament, présentait les recommandations à suivre pour une bonne utilisation du fluor. Cette année-là, la France renonçait à la prescription systématique aux enfants.

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