Face à la bronchiolite, adoptez les bons gestes !

L’épidémie a notamment débuté en Bretagne, en Île-de-France, en Normandie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. On estime qu’elle touche 400.000 bébés par an.

Par Maud Le Rest

Rédigé le December 4, 2018 , mis à jour le December 5, 2018

Tous les ans, environ 30% des enfants de moins de 2 ans sont touchés par la bronchiolite. A l’origine de la maladie, le virus respiratoire syncytial, ou VRS, qui bouche les bronches des tout-petits. Le bébé respire mal et rencontre des difficultés pour manger, boire et dormir. Selon le dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France publié le 28 novembre, l’épidémie a déjà débuté dans neuf régions. Six autres sont en état de préépidémie. Une situation habituelle en cette période de l’année, qui ne doit pas nous faire baisser la garde pour autant : si la bronchiolite est très souvent bénigne, elle peut provoquer d’importantes complications.

"Si le bébé arrive à manger correctement, il peut lutter"

Dans les cas les plus graves, la maladie entraîne une forte augmentation de la fréquence respiratoire, des troubles digestifs (d'où des risques de déshydratation), une difficulté à s'alimenter, de l'apnée ou de la tachypnée, une cyanose et des pertes de connaissance. Si de forts troubles respiratoires se répètent au moins trois fois pendant les deux premières années de vie du bébé, on parle d'asthme du nourrisson. Une condition qui peut évoluer vers un asthme du grand enfant dans 20 à 25 % des cas.

Néanmoins, rien ne sert de paniquer : dans la majorité des cas, la bronchiolite n’entraîne pas d’hospitalisation. Les bébés infectés sont gênés pendant quelques jours et restent chez eux. Comment savoir s’il faut s’inquiéter ? Le Pr Emmanuel Grimprel, chef du service pédiatrie à l'hôpital Trousseau de Paris, donne une méthode simple : "Si le bébé arrive à boire ou à manger correctement, il peut lutter contre l’infection. Mais si à deux reprises consécutives, il boit moins de la moitié de son biberon, alors il faut l’évaluer."

Pas de traitement ni de vaccin

Pour éviter ces complications, une seule solution : limiter les contacts avec le bébé en période d’épidémie. Car à ce jour, il n’existe ni traitement, ni vaccin contre la bronchiolite. "Eviter la transmission, c’est la seule prévention !", répète le Pr Grimprel. Car le VRS touche tous les âges à des degrés différents : les adultes, les adolescents et les enfants sont en première ligne pour contaminer les bébés. Seulement, plus on vieillit, plus on a rencontré le virus, mieux on se défend. L’adulte infecté va, par exemple, faire une bronchite ou une trachéite. "Le rhume de l’adulte, c’est la bronchiolite des tout-petits", résume le Pr Grimprel.

Exit donc la kinésithérapie respiratoire, qui ne soigne en rien les bébés ayant contracté le virus. De nombreuses études ont en effet démontré sa non-efficacité contre la bronchiolite, même si elle est toujours très largement prescrite. Selon une synthèse des neuf études publiée en 2012, aucune différence n'a été retrouvée en matière d'évolution clinique, d'oxygénation du sang, de fréquence respiratoire, de durée de la maladie ou de l'hospitalisation, quelle que soit la technique de "kiné" respiratoire utilisée. "Les premières expériences du phénomène épidémique datent des années 1990. On essayait alors d’utiliser les moyens qu’on pensait utiles…" explique le Pr GrimprelIl ne faut, en outre, pas confondre traitement et soulagement du bébé, comme le précise le pédiatre : "Déboucher régulièrement le nez de son du bébé, ça va améliorer son confort, mais rien d’autre."

On l’aura compris, la seule méthode pour prévenir la bronchiolite, c’est donc de protéger au maximum les moins de deux ans en période d’épidémie. "Le défi majeur pour les familles, c’est quand, sous le même toit, on a des enfants qui sont entrés en collectivité et des bébés. C’est une vigilance de tous les instants", conclut le Pr Grimprel.

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