Prématurés : le coup de pouce de la caféine

Les traitements à base de caféine sont administrés depuis de nombreuses années aux grands prématurés pour réduire la fréquence des apnées. Une utilisation très précoce limiterait également les risques d’anomalies neurologiques.

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr, avec AFP

Rédigé le December 18, 2018 , mis à jour le December 18, 2018

Les risques d’épisodes d’apnée – interruption de la respiration durant au moins 20 secondes – sont importants chez les enfants nés avant la 29è semaine de grossesse. Depuis plusieurs décennies, des recherches ont démontré que l’administration de faibles de doses de caféine (ou de quelques molécules apparentés) aux bébés réduisait très significativement ces apnées, et le recours aux dispositifs d’assistance respiratoire.

Une importante littérature scientifique appuie aujourd’hui les recommandations quant aux doses efficaces, ainsi que sur les limites d’utilisation de la caféine chez le prématuré. Mais les bénéfices à long terme de la caféine, en particulier sur le développement du cerveau des enfants, reste mal évalué.

Plus de 2000 prématurés suivis sur deux ans

Pour remédier à cela, des médecins canadiens ont suivi durant deux ans 2108 prématurés bénéficiaires d’un traitement par caféine. Un quart d’entre eux avait reçu la première dose de caféine dans un délai supérieur à deux jours après la naissance.

Selon les données publiées mi-décembre dans la revue Pediatrics, l’administration précoce de caféine apparaît nettement plus protectrice que l’administration tardive. Corroborant des observations antérieures, les chercheurs ont constaté que le taux de troubles graves de l’audition et d’infirmités motrices d'origine cérébrale était significativement inférieur chez les enfants traités les plus tôt.

Plusieurs tests destinés à évaluer les performances cognitives des enfants à 18 et 24 mois ont également été réalisés, suggérant là encore un effet bénéfique. Les chercheurs estiment que la caféine pourrait favoriser la croissance de certaines parties des neurones (les dendrites) par lesquels arrivent les influx nerveux.

Les auteurs invitent les chercheurs en médecine pédiatrique à répliquer ces travaux afin de valider et mieux quantifier le bénéfice, potentiellement important, de cette prise en charge précoce.

avec AFP

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