Les voitures électriques sont-elles vraiment écolo ?

La voiture électrique promet d'en finir avec le pétrole et les gaz à effet de serre. Mais ce véhicule est-il réellement moins polluant qu'une voiture thermique ?

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le February 12, 2019 , mis à jour le February 13, 2019

Les pots d'échappement pétaradants, c'est du passé. La voiture du futur, c'est la voiture électrique. Facile à entretenir, silencieuse, et surtout moins polluante, elle présenterait de nombreux atouts. A en croire les publicités, grâce aux voitures électriques on respirerait mieux. 

Une fabrication très polluante

Mais si la voiture électrique est présentée comme étant une voiture zéro émission, sa fabrication est extrêmement polluante. Et la partie la plus polluante à fabriquer est la batterie. Elle est composée de métaux rares : du graphite, du lithium, du cobalt, du nickel, du manganèse par exemple. Des composants qui sont tout sauf propres. Pour en extraire quelques kilos, il faut broyer des tonnes et des tonnes de roches. Et pour les raffiner, il faut utiliser des produits chimiques extrêmement polluants.

A peine sortie d'usine, la voiture électrique a donc une dette carbone plus importante qu'un véhicule classique qui roule au pétrole. Mais sur le long terme, l'électrique a bien un intérêt écologique comme l'explique Jérémie Almosni, chef du service Transport et Mobilités de l'Agence de l'environnement (ADEME) : "Pour compenser cette dette carbone au moment de la mise sur le marché de ce véhicule, qui n'émet aucun gaz à effet de serre, aucun polluant lorsqu'il circule, il faut que le véhicule électrique se substitue à un véhicule thermique avec un usage intensif. Il faut qu'il y ait beaucoup de kilomètres derrière".

Une voiture "zéro émission" ? Pas vraiment...

Mais une voiture reste une voiture et quel que soit son moteur, elle pollue : "On a des émissions de particules causées à l'échappement du véhicule. Mais aussi tout autour de l'environnement du véhicule. Et les plaquettes de frein sont responsables autour de 50% des émissions de particules d'un véhicule", précise Jérémie Almosni, "donc que l'on soit véhicule électrique versus véhicule thermique, ce qui va compter c'est le poids du véhicule. Plus le véhicule est lourd, plus le véhicule émettra des particules de frein".

Bien sûr, on peut espérer une révolution technologique. Des innovations qui dans un futur proche nous affranchiront du pétrole. Et pourquoi pas même des métaux rares. Mais d'autres solutions existent, inutile d'aller les chercher très loin. Il s'agit d'avoir de bons comportements. Ainsi, passer d'une personne par véhicule à deux personnes par véhicule tous les jours aurait un impact significatif en termes d'émission de gaz à effet de serre et de réduction des émissions de polluants atmosphériques. Alors moteur thermique ou électrique ? Pour une transition énergétique réussie, le plus simple c'est encore, quand on le peut, de s'en passer...

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