L'industrie des confiseurs sonne le glas du dioxyde de titane

Les confiseurs et industriels ont annoncé ce mardi 19 juin la fin prochaine de l'utilisation du dioxyde de titane. 

Par Arthur Vignais

Rédigé le June 19, 2018 , mis à jour le June 20, 2018

Révolution pour les amateurs de confiseries. Les industriels du secteur ont signé ce mardi 19 juin une charte promettant de diminuer la quantité de sucre présente dans leurs produits et de trouver une alternative au dioxyde de titane, considéré comme "cancérigène possible" pour l'Homme par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC). 

Les confiseurs et industriels du secteur vont donc devoir trouver des alternatives à l'additif, certains y sont déjà parvenus puisque selon Mme Pradier, secrétaire générale des confiseurs de France : " 100 % des confiseurs vont retirer le dioxyde de titane de leurs produits, 90 % l'ont déjà fait ". Les industriels anticipent ainsi l'interdiction prochaine de l'additif, qui doit intervenir avant la fin de l'année selon la promesse du gouvernemement. 

Qu'est-ce que le dioxyde de titane ? 

Le dioxyde de titane est une espèce minérale existant à l'état naturel (roche). Après traitement, il est plus communément appelé E171 sur les étiquettes de nos produits. C'est un additif qui rentre dans la confection de nombreux produits alimentaires comme les confiseries, le chocolat, les plats cuisinés, les pâtisseries industrielles. Il est principalement utilisé comme colorant afin d'intensifier ou de modifier les couleurs du produit initial. En revanche, le dioxyde de titane ne possède aucune propriété nutritionnelle. Seules des considérations esthétiques et marketing peuvent expliquer sa généralisation.

Il est par ailleurs courant de le retrouver dans nos produits cosmétiques en raison de ses propriétés : coloration (maquillage), absorption des rayons ultraviolet (crème solaire), blanchiment (dentifrice). Enfin, et c'est une source de débats supplémentaires, le dioxyde de titane est utilisé comme excipient pour les vaccins et rentre dans la composition de nombreux médicaments. Selon l'ONG Agir pour l'environnement, environ 4000 médicaments en contiendraient. 

L'inhalation de nanoparticules : un danger pour l'organisme ?

Au-delà des débats inhérents à son utilité dans la composition de nos produits (aucune vertu nutritive, n'améliore pas le processus de conservation des aliments) le dioxyde de titane transformé est composé de nanoparticules de tailles hétérogènes qui peuvent rentrer dans l'organisme par voie cutanée, par inhalation ou ingestion. 

Dès 2006, le centre international de recherche sur le cancer de l’OMS (CIRC) a classé le dioxyde de titane comme "cancérigène possible pour l'Homme" lorsqu'il est inhalé. Sont surtout concernés les employés qui y sont exposés durant le processus de transformation. L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), elle, préconise le principe de précaution à son encontre.

L’Union Européenne est plus conciliante à l’égard de l’utilisation généralisée du dioxyde de titane. Un avis de l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de septembre 2016 explique que le dioxyde de titane utilisé comme additif alimentaire ne doit pas être considéré comme un "nanomatériau" puisqu'il comporterait moins de 50% de particules de dimensions comprises entre 1 et 100 nm. L'Agence européenne estime que la proportion de nanoparticules dans le dioxyde de titane peut aller jusqu'à 39 % par rapport au nombre total de particules. Néanmoins, certaines ONG affirment que les taux sont euphémisés. 

Un dissensus scientifique

A ce jour, l'avancée de la recherche ne permet pas de conclure, malgré l’avis du centre international de recherche sur le cancer de l’OMS (CIRC), au caractère cancérigène de l’additif. La dernière évaluation de l’autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2016, qui se penche uniquement sur ses applications alimentaires, estime qu’il n’est « pas de nature à entraîner un risque sanitaire ». Toutefois, elle recommande de nouvelles études pour combler des « lacunes » dans les données concernant de possibles effets sur le système reproducteur. L’agence Européenne a d’ailleurs été chargée par la commission Européenne de réaliser de nouvelles évaluations. Affaire à suivre.

 

 

 

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