De quel type est ma cicatrice ?

Une cicatrice est la trace que laisse la réparation d'une déchirure des tissus de la peau. Elle peut avoir plusieurs formes plus ou moins esthétiques et peut être gênante ou douloureuse. Et parfois la plaie ne peut pas cicatriser toute seule, c'est ce qu'on appelle une plaie complexe. Les explications avec le Dr Luc Teot, chirurgien plastique et réparatrice, responsable unité plaie et cicatrisation au CRHU Lapeyronie de Montpellier (34).

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le April 25, 2013 , mis à jour le September 9, 2015

  • Quels sont les différents types de cicatrice ?

Dr Luc Teot : "Normalement, la plaie se ferme spontanément. Quand tous les tissus sont réparés, que les sous-couches sont comblées, l'aspect de la cicatrice évolue encore pendant deux ans. Elle peut être simple, plane et ne pas avoir d'autres problèmes qu'une petite irrégularité à la surface.

"Une cicatrice peut devenir hypertrophique c'est-à-dire continuer d'évoluer, de s'élever et être épaisse. C'est ce qui se passe chez un brûlé. 70 % des brûlures d'origine thermique donnent une cicatrice très épaisse. Elles sont le plus souvent observées chez les enfants. La cicatrice peut aussi prendre la forme d'un "chou-fleur", ce sont des cicatrices dites chéloïdes, que l'on voit surtout sur la chirurgie des oreilles et qui peuvent atteindre la taille d'une noisette. Ces cicatrices ont tendance à continuer à s'étendre au-delà des limites de la lésion même après que celle-ci soit guérie. On les observe le plus fréquemment chez les 10-30 ans.

"Il y a des cicatrices atrophiques, dépressives lorsque par exemple on supprime des petites tumeurs en dermatologie sur le dos, lorsqu'on recoud les deux parties de la plaie, le derme va s'élargir et l'épiderme va suivre et l'on va se retrouver avec une cicatrice en "marche d'escalier", on peut reprendre ce genre de cicatrice."

  • Depuis une dizaine d'années, il existe des services "Plaies et Cicatrisation" dans beaucoup de centres hospitaliers. À quoi servent-ils ?

Dr Luc Teot : "Le rôle de ces services, c'est de déterminer le potentiel de cicatrisation d'un malade, définir la stratégie à mettre en place pour obtenir une cicatrisation. 75 % des plaies cicatrisent facilement mais 25 % deviennent des plaies complexes et ne peuvent cicatriser sans l'aide de techniques appropriées.

"Il y a quatre facteurs pour évaluer une plaie complexe : l'anatomie, c'est-à-dire la difficulté d'accès de la plaie, le lieu où elle se trouve et les structures adjacentes. La complexité du patient : est-il porteur de polypathologies, de diabète par exemple, a-t-il des difficultés vasculaires, a-t-il des problèmes nerveux au niveau de la zone, etc. Le côté social : le patient est-il capable de comprendre ce qu'on va lui proposer, de supporter le traitement et de pouvoir le suivre. Et il y a le potentiel de cicatrisation, c'est-à-dire la capacité physiologique du patient à cicatriser.

"Ce sont ces quatre facteurs qui orientent notre choix thérapeutique. Le domaine de la plaie et de la cicatrice est un nouvel enseignement qui se développe de plus en plus, c'est un secteur qui permet de traiter des problèmes graves qui, jusque-là, étaient sous-évalués."

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