Une cantatrice victime de flatulences porte plainte contre l'hôpital

Une chanteuse d'opéra américaine vient de porter plainte contre l'hôpital où elle a accouché en 2012. L'épisiotomie pratiquée pendant l'accouchement de la cantatrice a provoqué une incontinence à l'origine de flatulences au moindre effort l'empêchant d'exercer son métier.

Par Valérie Auslender

Rédigé le January 28, 2014 , mis à jour le March 18, 2015

Une incontinence responsable de flatulences au moindre effort

Amy Herbst, chanteuse d'opéra, a donné naissance à un petit garçon en février 2012. Au moment de l'accouchement, l'infirmière qui épaulait l'obstétricien a pratiqué une épisiotomie sans informer la patiente des risques de ce geste et sans son consentement.

Au décours de cet acte, l'épisiotomie a provoqué une incontinence anale responsable de flatulences au moindre effort et des douleurs importantes lors des rapports sexuels.

Très gênée dans sa vie quotidienne et surtout lors de ses représentations à l'opéra, Amy Herbst a décidé de porter plainte contre l'hôpital en demandant 2,5 millions de dollars de dommages et intérêts. La chanteuse va devoir subir des opérations de chirurgie réparatrice mais cela ne diminuera en rien ses flatulences.

L'épisiotomie n'est réalisée que s'il y a un risque de déchirure

L'épisiotomie est un acte chirurgical consistant à inciser le périnée au moment de l'accouchement pour faciliter la sortie du bébé et éviter des risques de déchirures.

Autrefois pratiquée de façon systématique pour limiter les risques de lésions du périnée, l'intérêt préventif de l'épisiotomie a été remis en question. Aucune étude n'a en effet montré la diminution des complications quand ce geste était réalisé de façon systématique.

Depuis 2005, l'épisiotomie n'est réalisée que s'il y a un risque de déchirure. Dès lors qu'elle a été restreinte simplement aux femmes qui en ont besoin (et non pas de façon systématique), cela a permis de multiplier par trois le nombre de périnées intacts sans pour autant augmenter le risque de déchirures.

En France, l'épisiotomie médio-latérale est la seule recommandée. Elle consiste à pratiquer une incision de 6 cm en diagonale, partant de la partie postérieure de la vulve vers la région droite du bassin. Seuls les gynécologues obstétriciens et les sages-femmes sont autorisés à réaliser cet acte chirurgical conformément à l'article R4127-318 du Code de Santé Publique, après information éclairée et obtention d'un consentement.

L'épisiotomie médiane, surtout pratiquée aux Etats-Unis, se réalise par une incision verticale de 4 cm de la vulve vers l'anus. Elle a comme principal avantage d'être réparée plus facilement avec de "bons résultats anatomiques" et peu de douleurs lors des rapports sexuels après l'accouchement. Cependant, avec ce type d'épisiotomie, le risque d'extension vers l'anus est plus important pouvant se compliquer alors d'incontinence anale.

Une suture est nécessaire pour refermer l'épisiotomie, juste après la délivrance.

Consentement obligatoire de la patiente

Ce geste n'est pas dénué de risques.

Outre l'incontinence aux gaz et aux selles qu'elle peut entraîner, l'épisiotomie peut se compliquer d'hémorragie, d'hématomes, d'œdèmes du périnée, d'infections, de désunions des sutures et de douleurs persistantes après le geste et lors des rapports sexuels.

Ces risques doivent être signalés à la patiente qui donnera son consentement avant que le geste ne soit effectué.

Source :

Sponsorisé par Ligatus