Obésité et précarité : la situation s'aggrave

L'obésité ne cesse de croître, depuis dix ans au moins, chez les femmes ayant recours à l'aide alimentaire. Telle est la conclusion de l'étude ABENA (alimentation et état nutritionnel des bénéficiaires de l'aide alimentaire) rendue publique ce 17 juin 2014 par l'Institut de Veille Sanitaire (InVS).

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le June 17, 2014

Diabète, hypertension, mais aussi maladies cardiovasculaires et cancers : l'obésité est à l'origine de nombreuses pathologies chroniques.

"Maladie de la société d'abondance ? Sans doute", commente le professeur Arnaud Basdevant, chef du service Nutrition de la Pitié-Salpêtrière (Paris), dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'InVS. "Mais l'épidémiologie nous apprend qu'il faudrait plutôt parler de maladie de la vulnérabilité sociale".

Selon les analyses de l'étude ABENA présentées dans le bulletin, dans la population analysée, la prévalence de l'obésité est non seulement "exceptionnellement élevée par rapport à la population générale" (35% vs. 17%), mais elle s'aggrave lentement mais sûrement : 35% en 2012, contre 29% en 2004 dans cette même population.

Obésité et facteurs socio-économiques

Selon les travaux présentés par l'InVS, le risque d'obésité apparaît associé au niveau scolaire, à l'absence de couverture complémentaire, au type et au lieu de logement, à la situation familiale chez ces femmes, "qui ont plus souvent des enfants à charge, et les élèvent plus souvent seules".

Les chercheurs se sont également intéressés à l'insécurité alimentaire au sein des foyers étudiés. Selon la définition retenue, cette insécurité existe "chaque fois que la disponibilité d'aliments nutritionnellement adéquats et sûrs, ou que la capacité de les acquérir selon des moyens socialement acceptables, sont limitées ou incertaines".

Cette insécurité - ressentie ou vécue - "détermine les arbitrages alimentaires" réalisés par les femmes, qui se privent parfois pour assurer une meilleure alimentation à leurs enfants. Selon ces travaux, l'insécurité alimentaire est "sévère" chez plus de 40% des femmes interrogées dans l'enquête.

D'autres aspects de la précarité (problèmes de dentition, troubles du sommeil) directement associés à l'obésité apparaissent aggraver cette situation.

Enjeux à court terme

Comme le souligne Arnaud Basdevant dans le bulletin de l'InVS, ces données pointent "une priorité clinique immédiate", à savoir le fait de garantir "un accès aux soins à ces personnes particulièrement exposées aux affections chroniques consécutives à l'obésité".

Dans un second temps, il juge impératif de développer "de nouveaux modèles de prévention, axés sur la réduction des gradients sociaux".

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