Glaucome : une lentille de contact qui diffuse des médicaments

Une lentille de contact capable de délivrer des médicaments pour soigner le glaucome chronique, c'est la nouvelle découverte de l'équipe du Pr Joseph Ciolino, ophtalmologue de la faculté de médecin d'Harvard. D'autres chercheurs avaient déjà tenté de confectionner depuis plusieurs années ce type de lentille thérapeutique, sans y parvenir. De quoi leur en mettre plein la vue !

Par Valérie Auslender

Rédigé le December 12, 2013

Glaucome : un traitement médical contraignant

Le glaucome à angle ouvert ou glaucome chronique, maladie oculaire grave, est caractérisé par une gêne à l'évacuation de l'humeur aqueuse se compliquant d'une augmentation de la pression intraoculaire.

Cette pathologie ophtalmologique, très fréquente, se traite habituellement par un collyre qui diminue la pression intraoculaire. Le latanoprost, plus connu sous le nom de Xalatan® en fait partie : en augmentant l'évacuation de l'humeur aqueuse, il va diminuer indirectement la pression intraoculaire. Pour traiter le glaucome, les médecins peuvent prescrire ce type de collyre ou d'autres qui agissent en amont, en diminuant la production d'humeur aqueuse. Le traitement, qui consiste en l'administration quotidienne - et à vie - d'un collyre dans les yeux, est très contraignant.

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Une lentille de contact qui diffuse le traitement de façon prolongée

L'oubli fréquent par les patients de ce traitement a donné l'ingénieuse idée à des chercheurs de trouver un moyen plus facile de se l'administrer.

Pour traiter le glaucome, le Pr Joseph Cioliono, ophtalmologue de l'université de Harvard, a pour ce faire confectionné une lentille de contact qui diffuse le latanoprost pendant un mois. Une révolution dans le traitement du glaucome chronique.

L'étude montre que les taux de latanoprost dans l'humeur aqueuse étaient comparables à ceux retrouvés chez un patient qui utilisait le collyre, un mois après le début du traitement. Les caractéristiques physico-chimiques de la lentille lui permettent de ne pas gêner la vision et de libérer le principe actif du médicament de manière prolongée pendant un mois. Cette étude publiée récemment dans la revue américaine Biomaterials, n'a pour l'instant été testé qu'in-vivo et in-vitro. Pour pouvoir obtenir l'autorisation de mise sur le marché, ce nouveau procédé devra évidemment être testé sur l'homme et comparé au collyre dans une étude ultérieure.

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La cécité : complication la plus redoutée

Etant donné que ce type de glaucome ne provoque aucune douleur, il reste longtemps asymptomatique et son diagnostic se fait la plupart du temps sur un examen ophtalmologique de routine. Les facteurs de risque de glaucome sont multiples : hypertonie oculaire, l'âge avancé, les antécédents familiaux, le terrain vasculaire, l'origine ethnique ou encore certains médicaments.

Heureusement, un traitement préventif existe pour éviter la complication la plus redoutée, la cécité par atteinte du nerf optique. Le traitement médical est initié en première intention. En cas d'échec, le recours au laser (pas toujours efficace) ou à la chirurgie est parfois nécessaire.

Source : In vivo performance of a drug-eluting contact lens to treat glaucoma for a month. Joseph B. Ciolino et coll. Biomaterials. Vol 35, Issue 1, pages 432-439. Janvier 2014.

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