Deuil : groupes de parole ou prise en charge psy sont-ils indispensables ?

Comment avancer sur le chemin du deuil ? Est-ce que les groupes de parole ou la prise en charge par un psy sont indispensables ? Peut-on s'en sortir sans ? Les réponses avec le Dr Christophe Fauré, psychiatre, psychothérapeute.

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

Rédigé le February 7, 2014 , mis à jour le September 30, 2014

"L'immense majorité des personnes se débrouillent et avancent vraiment bien sans psy et sans association. Ce sont des aides vraiment complémentaires. On sait que l'élément essentiel pour avancer du mieux que l'on peut sur ce chemin, au fil des années, c'est un réseau de soutiens : les proches, les amis… Il est vrai qu'il y a des personnes que l'on va rayer de son agenda parce qu'elles ne seront pas présentes, elles ne vont pas répondre présentes alors que l'on a besoin d'elles, elles seront alors en périphérie…mais le noyau est constitué des proches et la plupart du temps, ils ne savent pas quoi dire. Ils se mobilisent beaucoup au début mais le grand danger est que ce réseau de soutiens se délite un peu après six mois, huit mois, un an alors qu'on sait que dans la dynamique du deuil, le plus lourd, le plus douloureux, le plus profondément douloureux n'intervient pas forcément les premiers mois mais plutôt un an, un an et demi, deux ans après.

"Les proches pensent que cela va mieux mais c'est complètement faux. C'est au contraire à ce moment-là que l'on est au cœur de sa peine mais on présente un visage "serein" à l'extérieur alors qu'à l'intérieur on est complètement détruit. Mais les autres ne le voient pas. Les personnes qui apportent du soutien doivent avoir conscience qu'au delà de ce que l'on montre, c'est dans la durée que l'aide va être importante et nécessaire.

"Evoquer le nom de l'enfant, revenir sur qui il était, savoir où on en est de sa peine parce qu'elle évolue au cours du temps… est important. À chaque Noël, à chaque date anniversaire du décès même après cinq ans, dix ans… il est essentiel de pouvoir réévoquer sereinement l'enfant qu'on a perdu. On ne remue pas le couteau dans la plaie au contraire cela fait paradoxalement du bien."

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